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INCENDIE CRIMINEL DANS LA CHAPELLE DE L’ASCENSION SUR LE MONT DES OLIVIERS

Le 8 mars, un incendie criminel a endommagé la chapelle de l’Ascension sise au sommet du Mont des Oliviers. Selon ce qu’indique les moyens de communication de la Custodie de Terre Sainte, un pneumatique a été incendié près de la roche – conservée à l’intérieur de la chapelle – d’où, selon une tradition remontant aux premiers siècles de l’ère chrétienne, Jésus est monté aux cieux. Une armoire contenant des cartes postales et des objets religieux mis en vente par une famille musulmane gardant le lieu sacré a également été endommagée par les flammes. Selon la police, une dispute entre deux familles impliquées dans la garde du lieu saint serait à l’origine de l’incendie. Une personne a été arrêtée pour être interrogée.
La chapelle de l’Ascension constitue l’un des quatre Lieux Saints partagés, gérés selon les règles définies par le Status Quo, ensemble de dispositions d’origine ottomane réglementant les droits de propriété et d’accès à ces Lieux. Des quatre Lieux Saints partagés – les trois autres étant la Basilique du Saint Sépulcre à Jérusalem, celle de la Nativité à Bethléem et la Tombe de la Vierge dans la vallée du Cédron – la chapelle de l’Ascension est la seule à se trouver sous la juridiction de l’autorité musulmane des Lieux Saints.La chapelle actuelle remonte à la période croisée et a été construite pour remplacer un précédent édifice détruit en 614 par les Perses.

(Vatican Radio)

ANGÉLUS, 26 FÉVRIER 2017

PAPE FRANÇOIS ,ANGÉLUS

La page évangélique d’aujourd’hui (cf. Mt 6, 24-34) est un puissant rappel à faire confiance à Dieu — ne pas oublier: faire confiance à Dieu — qui prend soin des êtres vivants dans la création. Il nourrit tous les animaux, se préoccupe des lys et de l’herbe des champs (cf. vv. 26-28); son regard bénéfique et attentionné veille quotidiennement sur notre vie. Celle-ci s’écoule assaillie par de nombreuses préoccupations, qui risquent d’ôter sérénité et équilibre; mais cette angoisse est souvent inutile, parce qu’elle ne parvient pas à changer le cours des événements. Jésus nous exhorte avec insistance à ne pas nous préoccuper du lendemain (cf. vv. 25.28.31), en rappelant qu’au-dessus de tout, il y a un Père aimant qui n’oublie jamais ses enfants: lui faire confiance ne résout pas par magie les problèmes, mais permet de les affronter avec l’esprit juste, courageusement, je suis courageux parce que j’ai confiance en mon Père qui prend soin de tout et qui m’aime tant.

Dieu n’est pas un être lointain et anonyme: il est notre refuge, la source de notre sérénité et de notre paix. Il est le roc de notre salut, auquel nous pouvons nous agripper dans la certitude de ne pas tomber; celui qui s’agrippe à Dieu ne tombe jamais! Il est notre défense contre le mal toujours aux aguets. Dieu est pour nous le grand ami, l’allié, le père, mais nous ne nous en rendons pas toujours compte. Nous ne nous rendons pas compte que nous avons un ami, un allié, un père qui nous aime. Et nous préférons nous appuyer sur des biens immédiats, que nous pouvons toucher, sur des biens contingents, en oubliant, et parfois en refusant, le bien suprême, c’est-à-dire l’amour paternel de Dieu. Le sentir Père, en cette époque où il y a tant d’orphelins est si important! Dans ce monde orphelin, le sentir comme Père. Nous nous éloignons de l’amour de Dieu quand nous allons à la recherche obsessive des biens terrestres et des richesses, en faisant ainsi preuve d’un amour exagéré envers ces réalités.

Jésus nous dit que cette recherche fébrile est illusoire et motif de tristesse. Et il donne à ses disciples une règle de vie fondamentale: «Cherchez d’abord le royaume de Dieu» (v. 33). Il s’agit de réaliser le projet que Jésus a annoncé dans le Discours sur la montagne, en se fiant à Dieu qui ne déçoit pas — tant d’amis ou tant de personnes que nous pensions être nos amis nous ont déçus; Dieu ne déçoit jamais! —; se prodiguer en tant qu’administrateurs fidèles des biens qu’Il nous a donnés, y compris les biens terrestres, mais sans «en faire trop» comme si tout, y compris notre salut, dépendait seulement de nous. Cette attitude évangélique exige un choix clair, que le passage du jour indique avec précision: «Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent» (v. 24). Soit le Seigneur, soit les idoles fascinantes, mais illusoires. Ce choix que nous sommes appelés à accomplir se répercute ensuite sur nombre de nos actes, programmes et engagements. C’est un choix à faire de façon nette et à renouveler constamment, parce que les tentations de tout réduire à l’argent, au plaisir et au pouvoir, sont menaçantes. Il y a tant de tentations à ce sujet.

Tandis qu’honorer ces idoles conduit à des résultats tangibles, bien que fugaces, faire des choix pour Dieu et son Royaume ne donne pas toujours des fruits immédiats. C’est une décision qui se prend dans l’espérance et qui laisse à Dieu la pleine réalisation. L’espérance chrétienne vise à l’accomplissement futur de la promesse de Dieu et ne s’arrête devant aucune difficulté, parce qu’elle est fondée sur la fidélité de Dieu, qui ne faillit jamais. Il est fidèle, c’est un père fidèle, c’est un ami fidèle, c’est un allié fidèle.

Que la Vierge Marie nous aide à nous confier à l’amour et à la bonté du Père céleste, à vivre en Lui et avec Lui. C’est le présupposé pour surmonter les tourments et les adversités de la vie, ainsi que les persécutions, comme nous le montre le témoignage d’un grand nombre de nos frères et sœurs.

Place Saint-Pierre
Dimanche 26 février 2017

(Vatican Radio)

FIN DES TRAVAUX À L’ÉDICULE DU SAINT SÉPULCRE AVANT PÂQUES

Après neuf mois de travaux, le chantier relatif à l’édicule du Saint Sépulcre, à Jérusalem, est sur le point de s’achever. Les moyens de communication liés à la Custodie franciscaine de Terre Sainte indiquent que les échafaudages ont été démontés et que le harnais de poutres d’acier mis en place en 1947 au cours du Mandat britannique pour soutenir la structure architecturale mise à mal par le séisme de 1927, a été retiré.
Une célébration œcuménique, prévue pour le 22 mars, marquera la fin de la restauration. Selon l’équipe grecque qui l’a effectuée, dix mois supplémentaires et 6 millions d’€uros de crédits seront encore nécessaires pour intervenir sur les causes qui fragilisent l’ensemble de la construction du Saint Sépulcre, en particulier l’humidité.Les travaux de restauration de l’édicule du Saint Sépulcre avaient débuté au printemps dernier. Antonia Moropoulou, enseignante à la National Technical University d’Athènes, coordinateur scientifique du projet avait expliqué au début des travaux que la structure de l’édicule était stable mais avait besoin d’interventions urgentes de requalification, après des années d’exposition à des facteurs environnementaux tels que l’eau, l’humidité et la fumée des cierges. En outre, un système non invasif du harnais de poutres en acier doit être trouvé pour mettre l’édicule en sécurité contre les risques d’éventuelles secousses sismiques. Au début des travaux, le projet avait un coût prévu de quelques 3,3 millions d’USD, soutenu par l’Eglise catholique – au travers de la Custodie de Terre Sainte – par l’Eglise grecque orthodoxe et par l’Eglise arménienne apostolique. En avril 2016, le Roi de Jordanie, Abdallah II, avait fait parvenir une consistante donation personnelle en faveur du projet sous forme de bienfaisance royale. En octobre dernier, le Président palestinien, Mahmud Abbas, avait lui aussi offert à titre de contribution personnelle une donation visant à soutenir les travaux de restauration de l’édicule du Saint Sépulcre . Récemment , l’Ambassadeur de l’Etat de Palestine près le Saint-Siège, Issa Amil Kassissieh, a confirmé à l’Agence Fides que le Saint-Siège offrira une donation substantielle pour contribuer aux travaux de restauration en cours tant près la Basilique du Saint Sépulcre que près celle de la Nativité, à Bethléem.

(Vatican Radio)

MESSE, BÉNÉDICTION ET IMPOSITION DES CENDRES

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

« Revenez à moi de tout votre cœur, […] revenez au Seigneur votre Dieu » (Jl 2, 12.13) : c’est le cri par lequel le prophète Joël s’adresse au peuple au nom du Seigneur ; personne ne pouvait se sentir exclu : « Rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ; […] le jeune époux […] et la jeune mariée » (v. 16). Tout le peuple fidèle est convoqué pour se mettre en chemin et adorer son Dieu, « car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour » (v. 13).

Nous voulons nous aussi nous faire l’écho de cet appel, nous voulons revenir au cœur miséricordieux du Père. En ce temps de grâce que nous commençons aujourd’hui, fixons une fois encore notre regard sur sa miséricorde. La Carême est un chemin : il nous conduit à la victoire de la miséricorde sur tout ce qui cherche à nous écraser ou à nous réduire à quelque chose qui ne convient pas à la dignité des fils de Dieu. Le Carême est la route de l’esclavage à la liberté, de la souffrance à la joie, de la mort à la vie. Le geste des cendres par lequel nous nous mettons en chemin nous rappelle notre condition d’origine : nous avons été tirés de la terre, nous sommes faits de poussière. Oui, mais poussière dans les mains amoureuses de Dieu qui souffle son Esprit de vie sur chacun de nous et veut continuer à le faire ; il veut continuer à nous donner ce souffle de vie qui nous sauve des autres types de souffle : l’asphyxie étouffante provoquée par nos égoïsmes, asphyxie étouffante générée par des ambitions mesquines et des indifférences silencieuses ; asphyxie qui étouffe l’esprit, réduit l’horizon et anesthésie les battements du cœur. Le souffle de la vie de Dieu nous sauve de cette asphyxie qui éteint notre foi, refroidit notre charité et détruit notre espérance. Vivre le Carême c’est désirer ardemment ce souffle de vie que notre Père ne cesse de nous offrir dans la fange de notre histoire.

Le souffle de la vie de Dieu nous libère de cette asphyxie dont, souvent nous ne sommes pas conscients, et que nous sommes même habitués à « normaliser », même si ses effets se font sentir ; cela nous semble « normal » car nous sommes habitués à respirer un air où l’espérance est raréfiée, un air de tristesse et de résignation, un air étouffant de panique et d’hostilité.

Le Carême est le temps pour dire non. Non à l’asphyxie de l’esprit par la pollution causée par l’indifférence, par la négligence à penser que la vie de l’autre ne me regarde pas, par toute tentative de banaliser la vie, spécialement celle de ceux qui portent dans leur chair le poids de tant de superficialité. Le Carême veut dire non à la pollution intoxicante des paroles vides et qui n’ont pas de sens, de la critique grossière et rapide, des analyses simplistes qui ne réussissent pas à embrasser la complexité des problèmes humains, spécialement les problèmes de tous ceux qui souffrent le plus. Le Carême est le temps pour dire non ; non à l’asphyxie d’une prière qui nous tranquillise la conscience, d’une aumône qui nous rend satisfaits, d’un jeûne qui nous fait nous sentir bien. Le Carême est le temps pour dire non à l’asphyxie qui nait des intimismes qui excluent, qui veulent arriver à Dieu en esquivant les plaies du Christ présentes dans les plaies des frères : ces spiritualités qui réduisent la foi à une culture de ghetto et d’exclusion.

Le Carême est le temps de la mémoire, c’est le temps pour penser et nous demander : qu’en serait-il de nous si Dieu nous avait fermé la porte. Qu’en serait-il de nous sans sa miséricorde qui ne s’est pas lassée de pardonner et qui nous a toujours donné l’occasion de recommencer à nouveau ? Le Carême est le temps pour nous demander : où serions-nous sans l’aide de tant de visages silencieux qui, de mille manières, nous ont tendu la main et qui, par des gestes très concrets, nous ont redonné l’espérance et nous ont aidé à recommencer ?

Le Carême est le temps pour recommencer à respirer, c’est le temps pour ouvrir le cœur au souffle de l’Unique capable de transformer notre poussière en humanité. Il n’est pas le temps pour déchirer nos vêtements face au mal qui nous entoure, mais plutôt pour faire de la place dans notre vie à tout le bien que nous pouvons faire, nous dépouillant de tout ce qui nous isole, nous ferme et nous paralyse. Le Carême est le temps de la compassion pour dire avec le psalmiste : « Rends-moi la joie d’être sauvé, que l’esprit généreux me soutienne », pour que par notre vie nous proclamions ta louange (cf. Ps 51, 14), et pour que notre poussière – par la force de ton souffle de vie – se transforme en « poussière aimée ».

Basilique Sainte-Sabine
Mercredi 1er mars 2017

(Vatican Radio)

APPEL DU PAPE EN FAVEUR DE CEUX QUI SOUFFRENT À CAUSE DE LA VIOLENCE AU CONGO, AU PAKISTAN ET EN IRAK

Au terme de la prière mariale de l’Angelus, récitée avec les fidèles réunis place Saint-Pierre, hier, Dimanche 19 février, le Saint-Père François a invité à prier pour les populations qui souffrent à cause de la violence dans différentes parties du monde en ces termes: « Nous continuons malheureusement à apprendre des nouvelles d’affrontements violents et brutaux dans la région du Kasai central, en République démocratique du Congo. Je ressens une forte douleur pour les victimes, en particulier pour les nombreux enfants arrachés à leurs familles et à l’école pour être utilisés comme soldats. Les enfants soldats constituent une tragédie. J’assure de ma proximité et de ma prière également le personnel religieux et humanitaire qui œuvre dans cette région difficile et je renouvelle un appel éploré à la conscience et à la responsabilité des Autorités nationales et de la Communauté internationale, afin que soient prises des décisions adéquates et rapides pour secourir ses frères et sœurs.
Prions pour eux et pour toutes les populations qui, dans d’autres parties du Continent africain et du monde, souffrent à cause de la violence et de la guerre. Je pense, en particulier, aux chères populations du Pakistan et de l’Irak, frappées par de cruels actes de terrorisme ces jours derniers. Prions pour les victimes, les blessés et leurs familles. Prions ardemment afin que tout cœur endurci par la haine se convertisse à la paix selon la volonté de Dieu ».
(Vatican Radio)

OPÉRATEURS PASTORAUX TUÉS AU COURS DE L’ANNÉE 2016

Selon les informations recueillies par l’Agence Fides, au cours de l’année 2016, 28 opérateurs pastoraux ont été tués de par le monde. Pour la huitième année consécutive, le plus fort nombre d’opérateurs pastoraux tués est enregistré en Amérique, alors que le nombre des religieuses tuées, qui est cette année de 9, soit plus du double par rapport à 2015, augmente de manière dramatique.
Selon les informations recueillies par l’Agence Fides, en 2016, sont morts de manière violente 14 prêtres, 9 religieuses, 1 séminariste et 4 laïcs. Selon la répartition par continent, en Amérique ont été tués 12 opérateurs pastoraux – 3 prêtres, 2 religieuses, 1 séminariste et 2 laïcs; en Afrique, ont été tués 8 opérateurs pastoraux – 3 prêtres, 2 religieuses, 1 séminariste et 2 laïcs ; en Asie, ce sont 7 opérateurs pastoraux qui ont été tués – 1 prêtre, 4 religieuses et 2 laïcs alors qu’en Europe, a été tué 1 prêtre.
Comme cela est le cas depuis ces dernières années, la majeure partie des opérateurs pastoraux tués a trouvé la mort suite à des vols ou à des cambriolages, perpétrés par ailleurs avec férocité, dans des contextes marqués par la dégradation morale, la pauvreté économique et culturelle, la violence comme règle de comportement, le manque de respect pour les droits fondamentaux et pour la vie elle-même.
Dans ces situations, similaires sous toutes les latitudes, les prêtres, les religieuses et les laïcs tués étaient parmi ceux qui dénonçaient à haute voix les injustices, les discriminations, la corruption, la pauvreté au nom de l’Evangile. Ainsi ont-ils payé, comme le Père José Luis Sánchez Ruiz, du Diocèse de San Andres Tuxtla (Veracruz, Mexique), enlevé puis relâché avec « des signes évidents de torture », selon le communiqué du Diocèse. Au cours des jours ayant précédé l’enlèvement, il avait reçu des menaces, assurément pour ses dures critiques à l’encontre de la corruption et de la vague de criminalité. Ainsi que l’a rappelé le Pape François en la fête du premier martyr, Saint Etienne, « le monde haït les chrétiens pour la même raison pour laquelle il a haï Jésus, à savoir parce qu’Il a porté la lumière de Dieu et que le monde préfère les ténèbres pour cacher ses œuvres mauvaises » (Angelus du 26/12/2016).
Tous vivaient leur témoignage de foi dans la normalité de la vie quotidienne: en administrant les sacrements, en aidant les pauvres et les plus humbles, en prenant soin des orphelins, des toxicomanes, des anciens détenus, en suivant des projets de promotion humaine de développement ou simplement en se rendant disponibles à quiconque est dans le besoin. Certains ont été tués par les personnes mêmes qu’ils aidaient. Difficilement, les enquêtes menées par les autorités locales portent à l’identification des exécuteurs et des mandants de ces homicides ou leurs motivations.
Le sort d’autres opérateurs pastoraux enlevés ou portés disparus, dont on est sans nouvelles certaines depuis longtemps, est source de préoccupation.
La liste annuelle établie par Fides, sans doute incomplète, ne concerne pas seulement les missionnaires ad gentes au sens strict mais tous les opérateurs pastoraux morts de façon violente. Nous n’utilisons pas de fait le terme « martyre », sauf dans son sens étymologique de « témoin », pour ne pas devancer le jugement que l’Église pourra éventuellement donner à certains d’entre eux, mais aussi à cause de la pauvreté des informations que, dans la majorité des cas, il est possible de recueillir sur leur vie et sur les circonstances mêmes de leur mort.
Aux listes provisoires établies annuellement par l'Agence Fides, doit toujours s'ajouter la longue liste de ceux dont nous n'aurons jamais connaissance ou dont on ne connaîtra pas même le nom qui, dans tous les coins du monde, souffrent et paient de leur vie leur foi en Jésus Christ. Le Pape François nous rappelle souvent que « aujourd’hui, il existe plus de chrétiens assassinés, torturés, emprisonnés, égorgés parce qu’ils ne renient pas Jésus Christ »… « les martyrs d’aujourd’hui sont en nombre supérieur par rapport à ceux des premiers siècles ».

(Agence Fides 30/12/2016)

ANGÉLUS, 5 FÉVRIER 2017

PAPE FRANÇOIS, ANGÉLUS

Chers frères et sœurs, bonjour!

Au cours de ces dimanches, la liturgie propose ce que l’on appelle le Discours sur la montagne, dans l’Evangile de Matthieu. Après avoir présenté les Béatitudes dimanche dernier, aujourd’hui il met l’accent sur les paroles de Jésus décrivant la mission de ses disciples dans le monde (cf. Mt 5, 13-16). Il utilise les métaphores du sel et de la lumière et ses paroles s’adressent aux disciples de toutes les époques, et donc à nous aussi.

Jésus nous invite à être un reflet de sa lumière, à travers le témoignage des bonnes œuvres. Et il dit: «Ainsi votre lumière doit-elle briller devant les hommes afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux» (Mt 5, 16). Ces paroles soulignent que nous sommes reconnaissables comme véritables disciples de Celui qui est la Lumière du monde, non pas dans les paroles, mais dans nos œuvres. En effet, c’est avant tout notre comportement — dans le bien ou dans le mal — qui laisse une trace chez les autres. Nous avons donc un devoir et une responsabilité pour le don reçu: nous ne devons pas garder la lumière de la foi, qui est en nous au moyen du Christ et de l’action du Saint-Esprit, comme si elle était notre propriété. Au contraire, nous sommes appelés à la faire resplendir dans le monde, à la donner aux autres à travers les œuvres bonnes. Combien le monde a besoin de la lumière de l’Evangile qui transforme, guérit et garantit le salut à ceux qui l’accueillent! Nous devons apporter cette lumière à travers nos bonnes œuvres.

En se donnant, la lumière de notre foi ne s’éteint pas, mais se renforce. Elle peut au contraire disparaître, si nous ne l’alimentons pas à travers l’amour et les œuvres de charité. Ainsi, l’image de la lumière rencontre celle du sel. La page évangélique nous dit en effet qu’en tant que disciples du Christ, nous sommes également «le sel de la terre» (v. 13). Le sel est un élément qui, tout en donnant de la saveur, préserve les aliments de l’altération et de la corruption — à l’époque de Jésus, il n’y avait pas de réfrigérateurs! —. Par conséquent, la mission des chrétiens dans la société est de donner de la «saveur» à la vie avec la foi et l’amour que le Christ nous a donnés, et dans le même temps, de tenir éloignés les germes polluants de l’égoïsme, de l’envie, de la médisance et ainsi de suite. Ces germes abîment le tissu de nos communautés, qui doivent au contraire resplendir comme des lieux d’accueil, de solidarité, de réconciliation. Pour remplir cette mission, il faut que nous soyons nous-mêmes les premiers libérés de la dégénérescence corruptrice des influences mondaines, contraires au Christ et à l’Evangile; et cette purification ne finit jamais, elle doit se faire continuellement, elle doit se faire tous les jours!

Chacun de nous est appelé à être lumière et sel dans son cadre de vie quotidien, persévérant dans la tâche de régénérer la réalité humaine dans l’esprit de l’Evangile et dans la perspective du Royaume de Dieu. Que la protection de Marie, première disciple de Jésus, et modèle des croyants qui vivent leur vocation et leur mission chaque jour dans l’histoire; nous vienne toujours en aide. Que notre Mère nous aide à nous laisser toujours purifier et illuminer par le Seigneur, pour devenir à notre tour «sel de la terre» et «lumière du monde».

Place Saint-Pierre
Dimanche 5 février 2017

(Vatican Radio)

RETOUR DE FAMILLES CHRÉTIENNES À MOSSOUL

Dans les quartiers est de Mossoul récemment repris par l’armée irakienne aux milices du prétendu « Etat islamique », les premières familles chrétiennes commencent à revenir. Selon ce qu’indique le site Internet ankawa.com, au moins trois familles arméniennes sont déjà revenues dans leurs maisons, au sein de zones urbaines à peine libérées des djihadistes et ce malgré une situation générale d’insécurité qui continue à peser sur la ville dans son ensemble. Ces jours derniers, les zones libérées ont également été le théâtre d’attentats suicides ayant fait au moins 9 morts parmi les civils.
Les djihadistes du prétendu « Etat islamique » avaient pris le contrôle de Mossoul le 9 juin 2014. Au cours des semaines suivantes, tous les chrétiens présents dans la ville avaient abandonné leurs maisons – nombre desquelles étaient immédiatement expropriées par les djihadistes – pour chercher refuge d’abord dans les villages de la plaine de Ninive puis à Kirkuk et surtout à Erbil et dans les villages du Kurdistan irakien. Les 10 derniers chrétiens âgés, raflés dans les villages de la plaine de Ninive et transférés à Mossoul au second semestre 2014, avaient été expulsés par les djihadistes le 7 janvier 2015, après qu’ils aient refusé d’apostasier. Le groupe de personnes âgées, dont certaines présentaient de graves problèmes de santé, avait été accueilli à Kirkuk après avoir passé deux jours au froid dans le no man’s land se trouvant entre les villages occupés par les milices du prétendu « Etat islamique » et la zone contrôlée par les milices kurdes.

(Vatican Radio)

L’EGLISE PROCHE DU MONDE DE LA SOUFFRANCE

« Samedi prochain, 11 février, mémoire de Notre-Dame de Lourdes, aura lieu la 25ème Journée mondiale du Malade – a rappelé le Pape François au terme de l’Audience générale du mercredi 8 février. La célébration principale aura lieu à Lourdes et sera célébrée par le Cardinal Secrétaire d’Etat. J’invite à prier, par l’intercession de notre Sainte Mère, pour tous les malades, en particulier les plus graves et les plus seuls ainsi que pour tous ceux qui en prennent soin ».
Une grande partie des structures sanitaires, des petits dispensaires aux grands hôpitaux, en passant par les centres d’accueil en tout genre répartis de par le monde, est gérée par des institutions catholiques comptant sur l’engagement, le professionnalisme et la charité chrétienne de missionnaires, de bénévoles et de laïcs qui se prodiguent souvent au milieu de mille difficultés, assurant surtout l’assistance sanitaire et humaine aux strates sociales les plus défavorisées. Nombreux sont les ordres religieux se dédiant de par le monde à la santé. Pour certains – comme les Camilliens-Ministres des Infirmes, les Fatebenefratelli etc. – l’engagement sanitaire représente leur vocation spécifique alors que pour d’autre il constitue ou a constitué par le passé l’un des domaines de leur action missionnaire comme dans le cas des Xavériens, des Filles du Divin Zèle, des Comboniennes, des Missionnaires de la Consolata….Selon le dernier Annuaire statistique de l’Eglise, les instituts d’assistance gérés de par le monde par l’Eglise, en grande partie dans les territoires de mission, comprennent: 5.153 hôpitaux avec une présence plus importante en Amérique, en Afrique et en Asie suivies par l’Europe et l’Océanie; 16.523 dispensaires, la majeure partie en Afrique, en Amérique et en Asie; 612 léproseries réparties principalement en Asie et en Afrique. A ceux-ci viennent s’ajouter 15.679 maisons de retraite, de long séjour et pour personnes handicapées dont la majeure partie en Europe suivie par l’Amérique, l’Asie, l’Afrique et l’Océanie.

(Radio Vaticana)

APPEL DU PAPE À COMBATTRE AVEC DÉCISION LA PLAIE CONSTITUÉE PAR LE TRAFIC DE PERSONNES

Au terme de l’Audience générale de ce jour, le Saint-Père François a lancé un appel contre la plaie constituée par le trafic d’êtres humains en ces termes : « Aujourd’hui est célébrée la Journée de prière et de réflexion contre le trafic de personnes, dédiée cette année en particulier aux enfants et adolescents. J’encourage tous ceux qui, de différentes manières, aident les mineurs réduits en esclavage et victimes d’abus à se libérer de cette oppression. Je souhaite que ceux qui ont des responsabilités de gouvernement combattent avec décision cette plaie, en donnant une voix à nos frères les plus petits, humiliés dans leur dignité. Il faut faire tout ce qui est possible pour anéantir ce crime honteux et intolérable ».
Le Pape a également rappelé que la Journée est célébrée aujourd’hui, 8 février, en la mémoire de Sainte Joséphine Bakhita : « Cette jeune esclave en Afrique, exploitée, humiliée, n’a pas perdu l’espérance et a vécu sa foi, finissant par arriver comme migrante en Europe. Là, elle ressentit l’appel du Seigneur et se fit religieuse. Prions Sainte Joséphine Bakhita pour tous les migrants, les réfugiés, les exploités qui souffrent tant ».Le Pape a continué : « En parlant de migrants chassés, exploités, je voudrais prier avec vous, aujourd’hui, d’une manière spéciale pour nos frères et sœurs Rohinyas : chassés du Myanmar, ils vont de part et d’autre parce qu’ils ne sont pas désirés… Il s’agit de bonnes personnes, d’un peuple pacifique. Ils ne sont pas chrétiens. Ils sont bons. Ce sont nos frères et soeurs ! Depuis des années ils soufrent. Ils ont été torturés, tués, simplement parce qu’ils conservaient leurs traditions, leur foi musulmane. Prions pour eux. Je vous invite à prier pour eux Notre Père qui est aux Cieux, tous ensemble, pour nos frères et sœurs Rohinyas. Notre Père… Sainte Joséphine Bakhita – priez pour nous. Et un applaudissement pour Sainte Joséphine Bakhita !».

(Vatican Radio)

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LE CARÊME 2017

La Parole est un don. L’autre est un don


Chers Frères et Sœurs,

Le Carême est un nouveau commencement, un chemin qui conduit à une destination sûre : la Pâques de la Résurrection, la victoire du Christ sur la mort. Et ce temps nous adresse toujours un appel pressant à la conversion : le chrétien est appelé à revenir à Dieu « de tout son cœur » (Jl 2,12) pour ne pas se contenter d’une vie médiocre, mais grandir dans l’amitié avec le Seigneur. Jésus est l’ami fidèle qui ne nous abandonne jamais, car même lorsque nous péchons, il attend patiemment notre retour à Lui et, par cette attente, il manifeste sa volonté de pardon.

Le Carême est le moment favorable pour intensifier la vie de l’esprit grâce aux moyens sacrés que l’Eglise nous offre: le jeûne, la prière et l’aumône. A la base de tout il y a la Parole de Dieu, que nous sommes invités à écouter et à méditer avec davantage d’assiduité en cette période. Je voudrais ici m’arrêter en particulier sur la parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare (cf. Lc 16,19-31). Laissons-nous inspirer par ce récit si important qui, en nous exhortant à une conversion sincère, nous offre la clé pour comprendre comment agir afin d’atteindre le vrai bonheur et la vie éternelle.

1. L’autre est un don

La parabole commence avec la présentation des deux personnages principaux ; cependant le pauvre y est décrit de façon plus détaillée : il se trouve dans une situation désespérée et n’a pas la force de se relever, il gît devant la porte du riche et mange les miettes qui tombent de sa table, son corps est couvert de plaies que les chiens viennent lécher (cf. vv. 20-21). C’est donc un tableau sombre, et l’homme est avili et humilié.

La scène apparaît encore plus dramatique si l’on considère que le pauvre s’appelle Lazare : un nom chargé de promesses, qui signifie littéralement « Dieu vient en aide ». Ainsi ce personnage ne reste pas anonyme mais il possède des traits bien précis ; il se présente comme un individu avec son histoire personnelle. Bien qu’il soit comme invisible aux yeux du riche, il nous apparaît connu et presque familier, il devient un visage; et, comme tel, un don, une richesse inestimable, un être voulu, aimé, dont Dieu se souvient, même si sa condition concrète est celle d’un déchet humain.

Lazare nous apprend que l’autre est un don. La relation juste envers les personnes consiste à reconnaître avec gratitude leur valeur. Ainsi le pauvre devant la porte du riche ne représente pas un obstacle gênant mais un appel à nous convertir et à changer de vie. La première invitation que nous adresse cette parabole est celle d’ouvrir la porte de notre cœur à l’autre car toute personne est un don, autant notre voisin que le pauvre que nous ne connaissons pas. Le Carême est un temps propice pour ouvrir la porte à ceux qui sont dans le besoin et reconnaître en eux le visage du Christ. Chacun de nous en croise sur son propre chemin. Toute vie qui vient à notre rencontre est un don et mérite accueil, respect, amour. La Parole de Dieu nous aide à ouvrir les yeux pour accueillir la vie et l’aimer, surtout lorsqu’elle est faible. Mais pour pouvoir le faire il est nécessaire de prendre au sérieux également ce que nous révèle l’Évangile au sujet de l’homme riche.

2. Le péché nous rend aveugles

La parabole met cruellement en évidence les contradictions où se trouve le riche (cf. v. 19). Ce personnage, contrairement au pauvre Lazare, ne possède pas de nom, il est seulement qualifié de “riche”. Son opulence se manifeste dans son habillement qui est exagérément luxueux. La pourpre en effet était très précieuse, plus que l’argent ou l’or, c’est pourquoi elle était réservée aux divinités (cf. Jr 10,9) et aux rois (cf. Jg 8,26). La toile de lin fin contribuait à donner à l’allure un caractère quasi sacré. Bref la richesse de cet homme est excessive d’autant plus qu’elle est exhibée tous les jours, de façon habituelle: « Il faisait chaque jour brillante chère » (v.19). On aperçoit en lui, de manière dramatique, la corruption du péché qui se manifeste en trois moments successifs: l’amour de l’argent, la vanité et l’orgueil.

Selon l’apôtre Paul, « la racine de tous les maux c’est l’amour de l’argent » (1 Tm 6,10). Il est la cause principale de la corruption et la source de jalousies, litiges et soupçons. L’argent peut réussir à nous dominer et devenir ainsi une idole tyrannique (cf. Exhort. ap. Evangelii Gaudium, n. 55). Au lieu d’être un instrument à notre service pour réaliser le bien et exercer la solidarité envers les autres, l’argent peut nous rendre esclaves, ainsi que le monde entier, d’une logique égoïste qui ne laisse aucune place à l’amour et fait obstacle à la paix.

La parabole nous montre ensuite que la cupidité rend le riche vaniteux. Sa personnalité se réalise dans les apparences, dans le fait de montrer aux autres ce que lui peut se permettre. Mais l’apparence masque le vide intérieur. Sa vie reste prisonnière de l’extériorité, de la dimension la plus superficielle et éphémère de l’existence (cf. ibid., n. 62).

Le niveau le plus bas de cette déchéance morale est l’orgueil. L’homme riche s’habille comme un roi, il singe l’allure d’un dieu, oubliant d’être simplement un mortel. Pour l’homme corrompu par l’amour des richesses, il n’existe que le propre moi et c’est la raison pour laquelle les personnes qui l’entourent ne sont pas l’objet de son regard. Le fruit de l’attachement à l’argent est donc une sorte de cécité : le riche ne voit pas le pauvre qui est affamé, couvert de plaies et prostré dans son humiliation.

En regardant ce personnage, on comprend pourquoi l’Évangile est aussi ferme dans sa condamnation de l’amour de l’argent : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent » (Mt 6,24).

3. La Parole est un don

L’évangile du riche et du pauvre Lazare nous aide à bien nous préparer à Pâques qui s’approche. La liturgie du Mercredi des Cendres nous invite à vivre une expérience semblable à celle que fait le riche d’une façon extrêmement dramatique. Le prêtre, en imposant les cendres sur la tête, répète ces paroles : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière ». Le riche et le pauvre, en effet, meurent tous les deux et la partie la plus longue du récit de la parabole se passe dans l’au-delà. Les deux personnages découvrent subitement que « nous n’avons rien apporté dans ce monde, et nous n’en pourrons rien emporter » (1 Tm 6,7).

Notre regard aussi se tourne vers l’au-delà, où le riche dialogue avec Abraham qu’il appelle « Père » (Lc 16, 24 ; 27) montrant qu’il fait partie du peuple de Dieu. Ce détail rend sa vie encore plus contradictoire car, jusqu’à présent, rien n’avait été dit sur sa relation à Dieu. En effet dans sa vie, il n’y avait pas de place pour Dieu, puisqu’il était lui-même son propre dieu.

Ce n’est que dans les tourments de l’au-delà que le riche reconnaît Lazare et il voudrait bien que le pauvre allège ses souffrances avec un peu d’eau. Les gestes demandés à Lazare sont semblables à ceux que le riche aurait pu accomplir et qu’il n’a jamais réalisés. Abraham néanmoins lui explique que « tu as reçu tes biens pendant ta vie et Lazare pareillement ses maux; maintenant ici il est consolé et toi tu es tourmenté » (v. 25). L’au-delà rétablit une certaine équité et les maux de la vie sont compensés par le bien.

La parabole acquiert une dimension plus large et délivre ainsi un message pour tous les chrétiens. En effet le riche, qui a des frères encore en vie, demande à Abraham d’envoyer Lazare les avertir ; mais Abraham répond : « ils ont Moïse et les Prophètes ; qu’ils les écoutent » (v. 29). Et devant l’objection formulée par le riche, il ajoute : « Du moment qu’ils n’écoutent pas Moïse et les Prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus » (v. 31).

Ainsi se manifeste le vrai problème du riche : la racine de ses maux réside dans le fait de ne pas écouter la Parole de Dieu ; ceci l’a amené à ne plus aimer Dieu et donc à mépriser le prochain. La Parole de Dieu est une force vivante, capable de susciter la conversion dans le cœur des hommes et d’orienter à nouveau la personne vers Dieu. Fermer son cœur au don de Dieu qui nous parle a pour conséquence la fermeture de notre cœur au don du frère.

Chers frères et sœurs, le Carême est un temps favorable pour nous renouveler dans la rencontre avec le Christ vivant dans sa Parole, dans ses Sacrements et dans le prochain. Le Seigneur qui – au cours des quarante jours passés dans le désert a vaincu les pièges du Tentateur – nous montre le chemin à suivre. Que l’Esprit Saint nous aide à accomplir un vrai chemin de conversion pour redécouvrir le don de la Parole de Dieu, être purifiés du péché qui nous aveugle et servir le Christ présent dans nos frères dans le besoin. J’encourage tous les fidèles à manifester ce renouvellement spirituel en participant également aux campagnes de Carême promues par de nombreux organismes ecclésiaux visant à faire grandir la culture de la rencontre au sein de l’unique famille humaine. Prions les uns pour les autres afin que participant à la victoire du Christ nous sachions ouvrir nos portes aux faibles et aux pauvres. Ainsi nous pourrons vivre et témoigner en plénitude de la joie pascale.


FRANÇOIS

(Vatican Radio)

FÊTE DE LA VIE CONSACRÉE: L'HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Lorsque les parents de Jésus ont porté l’Enfant pour accomplir les prescriptions de la Loi, Syméon, « sous l’action de l’Esprit » (Lc 2, 27), prend l’Enfant dans ses bras et commence à louer. Un cantique de bénédiction et de louange: « Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples: lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël » (Lc 2, 30-32). Non seulement Syméon a pu voir, mais il a eu aussi le privilège d’embrasser l’espérance attendue, et cela le fait exulter de joie. Son cœur se réjouit parce que Dieu habite au milieu de son peuple; il le sent chair de sa chair.

La liturgie d’aujourd’hui nous dit qu’avec ce rite (quarante jours après la naissance) « Jésus […] se conformait […] à la loi du Seigneur, mais [que], en vérité, il venait à la rencontre du peuple des croyants » (Missel Romain, 2 février, Monition de la procession d’entrée). La rencontre de Dieu avec son peuple suscite la joie et renouvelle l’espérance.

Le chant de Syméon est le chant de l’homme croyant qui, à la fin de ses jours, peut affirmer: c’est vrai, l’espérance en Dieu ne déçoit jamais (cf. Rm 5, 5), il ne trompe pas. Syméon et Anne, dans leur vieillesse, sont capables d’une nouvelle fécondité, et ils en témoignent en chantant: la vie mérite d’être vécue avec espérance parce que le Seigneur garde sa promesse; et Jésus lui-même expliquera cette promesse dans la synagogue de Nazareth: les malades, les prisonniers, ceux qui sont seuls, les pauvres, les personnes âgées, les pécheurs sont invités, eux aussi, à entonner le même chant d’espérance ; Jésus est avec eux, il est avec nous (cf. Lc 4, 18-19).

Ce chant d’espérance, nous l’avons reçu en héritage de nos pères. Ils nous ont engagés dans cette ‘‘dynamique’’. Sur leurs visages, dans leurs vies, dans leur dévouement quotidien et constant, nous avons pu voir comment cette louange s’est faite chair. Nous sommes héritiers des rêves de nos pères, héritiers de l’espérance qui n’a pas déçu nos mères et nos pères fondateurs, nos aînés. Nous sommes héritiers de nos anciens qui ont eu le courage de rêver; et comme eux, aujourd’hui, nous voulons, nous aussi, chanter: Dieu ne trompe pas, l’espérance en lui ne déçoit pas. Dieu vient à la rencontre de son peuple. Et nous voulons chanter en nous introduisant dans la prophétie de Joël: « Je répandrai mon pouvoir sur tout esprit de chair, vos fils et vos filles prophétiseront, vos anciens seront instruits par des songes, et vos jeunes gens par des visions » (3, 1).

Cela nous fait du bien d’accueillir le rêve de nos pères pour pouvoir prophétiser aujourd’hui et retrouver ce qui un jour a enflammé notre cœur. Rêve et prophétie ensemble. Mémoire de la façon dont ont rêvé nos anciens, nos pères et mères et courage pour poursuivre, prophétiquement, ce rêve.

Cette attitude nous rendra féconds, nous, personnes consacrées, mais surtout elle nous préservera d’une tentation qui peut rendre stérile notre vie consacrée : la tentation de la survie. Un mal qui peut s’installer peu à peu en nous, dans nos communautés. L’attitude de survie nous fait devenir réactionnaires, peureux ; elle nous enferme lentement et silencieusement dans nos maisons et dans nos schémas. Elle nous projette en arrière, vers les exploits glorieux – mais passés – qui, au lieu de susciter la créativité prophétique issue des rêves de nos fondateurs, cherchent des raccourcis pour fuir les défis qui aujourd’hui frappent à nos portes. La psychologie de la survie ôte la force à nos charismes parce qu’elle nous conduit à les ‘‘domestiquer’’, à les ramener ‘‘à portée de main’’ mais en les privant de cette force créatrice qu’ils ont inaugurée ; elle fait en sorte que nous voulons davantage protéger des espaces, des édifices ou des structures que rendre possibles de nouveaux processus. La tentation de la survie nous fait oublier la grâce, elle fait de nous des professionnels du sacré mais non des pères, des mères ou des frères de l’espérance que nous avons été appelés à prophétiser. Ce climat de survie endurcit le cœur de nos aînés en les privant de la capacité de rêver et, ainsi, stérilise la prophétie que les plus jeunes sont appelés à annoncer et à réaliser. En peu de mots, la tentation de la survie transforme en danger, en menace, en tragédie ce que le Seigneur nous présente comme une opportunité pour la mission. Cette attitude n’est pas propre uniquement à la vie consacrée, mais à titre particulier nous sommes invités à nous garder d’y succomber.

Retournons au passage de l’évangile et contemplons de nouveau la scène. Ce qu’a suscité le chant de louange en Syméon et Anne, cela n’a pas été, bien sûr, de se regarder eux-mêmes, d’analyser et de revoir leur situation personnelle. Cela n’a pas été de s’enfermer de peur que quelque malheur ne puisse leur arriver. Ce qu’a suscité le chant a été l’espérance, cette espérance qui les soutenait dans la vieillesse. Cette espérance s’est vue récompensée dans la rencontre avec Jésus. Lorsque Marie dépose dans les bras de Syméon le Fils de la Promesse, le vieillard commencer à chanter, il fait une “liturgie”, il chante ses rêves. Lorsqu’elle met Jésus au milieu de son peuple, celui-ci trouve la joie. Oui, il n’y a que cela pour pouvoir nous redonner la joie et l’espérance, seulement cela nous préservera de vivre dans une attitude de survie. Uniquement cela fécondera notre vie et maintiendra vivant notre cœur. Mettre Jésus là où il doit être : au milieu de son peuple.

Nous sommes tous conscients de la transformation multiculturelle que nous traversons; personne n’en doute. D’où l’importance que la personne consacrée soit insérée avec Jésus dans la vie, dans le cœur de ces grandes transformations. La mission – en conformité avec chaque charisme spécifique – est de nous rappeler que nous avons été invités à être levain de cette masse concrète. Certes, il peut y avoir des ‘‘farines’’ meilleures, mais le Seigneur nous a invités à faire lever la pâte ici et maintenant, avec les défis qui se présentent à nous. Non par une attitude défensive, non poussés par nos peurs, mais les mains à la charrue, en cherchant à faire croître le grain souvent semé au milieu de l’ivraie. Mettre Jésus au milieu de son peuple signifie avoir un cœur contemplatif, capable de discerner comment Dieu marche dans les rues de nos villes, de nos villages, de nos quartiers. Mettre Jésus au milieu de son peuple signifie prendre en charge et vouloir aider à porter la croix de nos frères. C’est vouloir toucher les plaies de Jésus dans les plaies du monde, qui est blessé et désire et demande à ressusciter.

Nous mettre avec Jésus au milieu de son peuple! Non comme des activistes de la foi, mais comme des hommes et des femmes qui sont continuellement pardonnés, des hommes et des femmes unis dans le baptême pour partager cette onction et la consolation de Dieu avec les autres.

Nous mettre avec Jésus au milieu de son peuple, car « nous ressentons la nécessité de découvrir et de transmettre la “mystique” de vivre ensemble, de se mélanger, de se rencontrer, de se prendre dans les bras, de se soutenir, de participer à cette marée un peu chaotique qui [avec le Seigneur] peut se transformer en une véritable expérience de fraternité, en une caravane solidaire, en un saint pèlerinage… […] Si nous pouvions suivre ce chemin, ce serait une très bonne chose, très régénératrice, très libératrice, très génératrice d’espérance! Sortir de soi-même pour s’unir aux autres » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 87) non seulement fait du bien, mais aussi transforme notre vie et notre espérance en un chant de louange. Mais cela, nous ne pouvons le réaliser que si nous faisons nôtres les rêves de nos pères et les transformons en prophétie.

Accompagnons Jésus pour qu’il rencontre son peuple, pour qu’il soit au milieu de son peuple, non pas dans la lamentation ou dans l’anxiété de celui qui a oublié de prophétiser parce qu’il ne prend pas en charge les rêves de ses pères, mais dans la louange et dans la sérénité; non pas dans l’agitation mais dans la patience de celui qui se fie à l’Esprit, Seigneur des rêves et de la prophétie. Et ainsi, nous partageons ce qui nous appartient: le chant qui naît de l’espérance.

Basilique vaticane
Jeudi 2 février 2017

(Vatican Radio)

ANGÉLUS, 22 JANVIER 2017

PAPE FRANÇOIS, ANGÉLUS

Chers frères et sœurs, bonjour!

La page de l’Evangile d’aujourd’hui (cf. Mt 4, 12-23) raconte le début de la prédication de Jésus en Galilée. Il quitte Nazareth, un village de montagne, et il s’établit à Capharnaüm, un centre important sur la rive du lac, habité en grande partie par des païens, carrefour entre la méditerranée et l’intérieur des terre de Mésopotamie. Ce choix indique que les destinataires de sa prédication ne sont pas seulement ses compatriotes, mais ceux qui arrivent dans la cosmopolite «Galilée des nations» (v. 15; cf. Is 8, 23), comme on l’appelait. Vue depuis la capitale Jérusalem, cette terre est géographiquement périphérique et religieusement impure parce qu’elle était pleine de païens, en raison du mélange avec ceux qui n’appartenaient pas à Israël. On n’attendait certainement pas de grandes choses de la Galilée, pour l’histoire du salut. En revanche, c’est précisément de là – précisément de là — que se diffuse cette «lumière» sur laquelle nous avons médité les dimanches précédents: la lumière du Christ. Elle se diffuse justement à partir de la périphérie.

Le message de Jésus reprend celui de Jean-Baptiste, en annonçant le «Royaume des cieux» (v. 17). Ce royaume ne comporte pas l’instauration d’un nouveau pouvoir politique, mais l’accomplissement de l’alliance entre Dieu et son peuple, qui inaugurera un temps de paix et de justice. Pour conclure ce pacte d’alliance avec Dieu, chacun est appelé à se convertir, en transformant sa façon de penser et de vivre. Cela est important: se convertir, ce n’est pas seulement changer sa façon de vivre, mais aussi sa façon de penser. C’est une transformation de la pensée. Il ne s’agit pas de changer de vêtements, mais d’habitudes! Ce qui différencie Jésus de Jean-Baptiste, c’est le style et la méthode. Jésus choisit d’être un prophète itinérant. Il ne reste pas à attendre les gens, mais il va à leur rencontre. Jésus est toujours sur la route! Ses premières sorties missionnaires ont lieu le long des rives du lac de Galilée, au contact de la foule, en particulier des pêcheurs. Là, non seulement Jésus proclame la venue du Royaume de Dieu, mais il cherche des compagnons à associer à sa mission de salut. C’est en ce même endroit qu’il rencontre deux couples de frères: Simon et André, Jacques et Jean; il les appelle en disant: «Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes» (v. 19). L’appel les rejoint en plein milieu de leurs activités quotidiennes: le Seigneur se révèle à nous non pas de façon extraordinaire ou éclatante, mais dans le quotidien de notre vie. C’est là que nous devons trouver le Seigneur, c’est là qu’il se révèle, qu’il fait sentir son amour à notre cœur; et là — dans ce dialogue avec Lui au cours de notre vie quotidienne — il transforme notre cœur. La réponse des quatre pêcheurs est immédiate et prompte: «Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent» (v. 20). Nous savons en effet qu’ils avaient été des disciples de Jean-Baptiste, et que, grâce à son témoignage, ils avaient déjà commencé à croire en Jésus comme le Messie (cf. Jn 1, 35-42).

Nous, chrétiens d’aujourd’hui, nous avons la joie de proclamer et de témoigner notre foi parce qu’il y a eu cette première annonce, parce qu’il y a eu ces hommes humbles et courageux, qui ont répondu généreusement à l’appel de Jésus. Sur les rives du lac, dans une terre impensable, est née la première communauté des disciples du Christ. Que la conscience de ces débuts suscite en nous le désir d’apporter la parole, l’amour et la tendresse de Jésus Christ dans chaque contexte, même le plus difficile et résistant. Apporter la Parole à toutes les périphéries! Tous les espaces de la vie humaine sont un terrain où jeter la semence de l’Evangile, afin qu’elle porte un fruit de salut.

Que la Vierge Marie nous aide, par son intercession maternelle, à répondre avec joie à l’appel de Jésus, à nous mettre au service du Royaume de Dieu.

Place Saint-Pierre
Dimanche, 22 janvier 2017

(Vatican Radio)

PAROLES DU PAPE À PROPOS DE LA LUTTE CONTRE LA LÈPRE ET LES DISCRIMINATIONS CAUSÉES PAR CETTE MALADIE

Dimanche 29 janvier, 64ème Journée mondiale de lutte contre la lèpre, le Pape François a rappelé à l’Angelus cet événement en ces termes : « Aujourd’hui est célébrée la Journée mondiale des lépreux. Cette maladie, bien qu’étant en recul, est encore parmi les plus craintes et frappe les plus pauvres et les marginalisés. Il est important de lutter contre cette maladie, mais également contre les discriminations qu’elle génère. J’encourage ceux qui sont engagés dans le secours et la réinsertion sociale de personnes touchées par la maladie de Hansen, pour lesquelles nous assurons notre prière ».
Le Préfet du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, S.Em. le Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson, a publié un message intitulé « Éradication de la lèpre et réinsertion des personnes atteintes de la maladie de Hansen: un défi qui n’est pas encore gagné », dans lequel il affirme entre autre la nécessité de « nous engager tous, à tous les niveaux, afin que dans tous les pays soient modifiées les politiques familiales, de travail, scolaires, sportives et de toute autre nature, qui discriminent directement ou indirectement ces personnes, et que les gouvernements mettent en œuvre des programmes qui concernent les personnes malades ». En effet, s’il « est fondamental de renforcer la recherche scientifique pour développer de nouveaux médicaments et obtenir des instruments de diagnostic susceptibles d’augmenter les possibilités de diagnostic précoce », il est également nécessaire de « réinsérer pleinement la personne guérie dans le tissu social originel: dans la famille, la communauté, à l’école ou dans le milieu du travail ».

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

612 CENTRES DE PAR LE MONDE EXPRIMANT LA SOLIDARITÉ DE L’EGLISE ENVERS LES LÉPREUX

L’Eglise peut revendiquer une longue tradition dans le domaine de l’assistance aux lépreux, en particulier dans les territoires de mission, solidarité qui s’exprime non seulement au travers des soins médicaux et de l’assistance spirituelle mais également par le biais de la possibilité d’une réinsertion au sein de la société.
A cet égard, sont éloquents les témoignages de Saints missionnaires qui ont dédié leur vie à soulager les souffrances des lépreux, tels que Saint Joseph Damien De Veuster SSCC, universellement connu comme l’apôtre des lépreux de Molokaï, et Sainte Marianna Cope, O.S.F., qui passa 35 ans à Molokaï, aidant, avec d’autres consoeurs, l’œuvre de Saint Joseph Damien De Veuster ou encore Sainte Teresa de Calcutta, le Bienheureux Jan Beyzym, S.I., qui exerça son ministère parmi les lépreux de Madagascar ou encore le Vénérable Marcello Candia et Raoul Follereau, l’écrivain et journaliste français auquel on doit l’institution en 1954 de la Journée mondiale des lépreux, célébrée le dernier Dimanche de janvier.Selon les données du dernier Annuaire statistique de l’Eglise, l’Eglise catholique gère de par le monde 612 centres destinés aux lépreux, répartis sur les cinq continents: l’Afrique, les Amériques, l’Asie, l’Europe et l’Océanie.
Les nations accueillant le plus grands nombre de ces centres sont: en Afrique, la République démocratique du Congo, Madagascar et le Kenya; en Amérique du Nord, les Etats-Unis; en Amérique centrale: le Mexique et le Honduras; en Amérique centrale et aux Antilles: Haïti et la République dominicaine; en Amérique du Sud: le Brésil, l’Equateur et le Pérou; en Asie, l’Inde, la Corée et le Vietnam; en Océanie, la Papouasie Nouvelle Guinée et en Europe, le Portugal, l’Allemagne, la Belgique et l’Italie.

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

64E JOURNÉE MONDIALE DES LÉPREUX: MESSAGE DU CARDINAL TURKSON

«La mise au point de traitements pharmacologiques efficaces et l’engagement important au niveau planétaire prodigué par de nombreux organismes et réalités nationales et internationales, avec l’Église catholique au premier plan, ont infligé, au cours des dernières décennies, un coup sévère à la maladie de Hansen, plus connue comme la lèpre. En 1985, cette maladie affligeait encore plus de 5 millions de personnes dans le monde, tandis qu’aujourd’hui, on compte environ 200.000 nouveaux cas annuels, mais il y a encore beaucoup, vraiment beaucoup, à faire.
Comme il a été souligné en juin dernier notamment, en conclusion du symposium «Pour des soins holistiques des personnes atteintes de la maladie de Hansen, respectueux de leur dignité», organisé par l’ex-Conseil pontifical pour les services de santé : chaque nouveau cas de la maladie de Hansen est un cas de trop, de même que toute forme résiduelle de stigmate de cette maladie. De trop également, toute loi qui discrimine les malades atteints de la maladie de Hansen, ainsi que toute espèce d’indifférence. Dans le cadre de l’initiative, réalisée en collaboration  avec la Nippon Foundation-Sasakawa Health Foundation et avec la contribution de l’Ordre de Malte et des Fondations Raoul Follereau et Le bon Samaritain, il a été souligné que, en raison de leur rôle, il est important que les responsables de toutes les religions dans leurs enseignements, leurs écrits et leurs discours contribuent à l’élimination de la discrimination à l’égard des personnes atteintes de la maladie de Hansen. D’autre part, comme l’a affirmé ensuite l’OMS au cours du Forum mondial sur la lèpre, qui s’est tenu à Séoul au mois de novembre, il est nécessaire de garantir des soins physiques et psychologiques aux malades pendant et après le fin du traitement.
En outre, nous devons nous engager tous, à tous les niveaux, afin que dans tous les pays soient modifiées les politiques familiales, de travail, scolaires, sportives et de toute autre nature, qui discriminent directement ou indirectement ces personnes, et que les gouvernements mettent en œuvre des programmes qui concernent les personnes malades.
Enfin, il est fondamental de renforcer la recherche scientifique pour développer de nouveaux médicaments et obtenir des instruments de diagnostic susceptibles d’augmenter les possibilités de diagnostic précoce.
En effet, dans une large part, les nouveaux cas sont identifiés seulement lorsque l’infection a déjà provoqué des lésions permanentes et marqué à vie désormais l’adulte et l’enfant atteints. D’autre part, surtout dans les régions les plus éloignées, il arrive qu’il soit difficile de garantir l’assistance nécessaire pour terminer le traitement ou que les patients eux-mêmes puissent comprendre l’importance, ou accorder au moins la priorité à la poursuite du traitement pharmacologique qui a été commencé.
Mais les soins ne sont pas suffisants. Il faut réinsérer pleinement la personne guérie dans le tissu social originel: dans la famille, la communauté, à l’école ou dans le milieu du travail.
Pour promouvoir et contribuer à ce processus de réinsertion, qui est encore pratiquement impossible dans de nombreuses réalités, il faut soutenir et encourager à nouveau l’associationnisme entre les anciens malades; et en même temps, avec eux, il convient de promouvoir la diffusion des communautés qui, comme cela a déjà été réalisé en Inde, au Brésil et au Ghana par exemple, deviennent de véritables familles qui comprennent et accueillent les personnes, en leur offrant un terrain fertile à l’aide mutuelle, à une fraternité authentique.
En méditant également sur la guérison opérée par Jésus sur un malade de la lèpre, comme il est rapporté dans le chapitre 1 de l’évangile de Marc, le Christ «ému de compassion, étendit la main, le toucha et lui dit: ‘Je le veux, sois purifié’. Ensuite, il lui dit: ‘garde-toi de rien dire à personne; mais va te montrer au prêtre et offre pour ta purification ce qu’a prescrit Moïse: ce leur sera une attestation’».
Donc, Jésus non seulement guérit la personne dans sa totalité, mais lui demande de se présenter à celui qui pouvait en décréter la totale réinsertion dans la société, la réadmission dans le "consortium humain".
Et actuellement, cela constitue peut-être l’obstacle le plus important à surmonter pour celui qui a été atteint de la lèpre. Les infirmités, les signes indélébiles laissés par la maladie sont aujourd’hui encore comme des "marques au fer rouge". La peur de la maladie, une des plus redoutées dans l’histoire humaine, l’emporte sur la raison, le manque de conscience de la pathologie par la communauté exclut les personnes guéries qui, à leur tour, à cause de la souffrance et des discriminations subies ont perdu le sens de la dignité qui leur est propre, inaliénable, même si le corps présente des mutilations. "Pour" elles et, surtout, "avec" les personnes victimes de la lèpre, nous devons nous engager encore davantage, afin qu’elles puissent trouver l’accueil, la solidarité, la justice.

Cardinal Peter Kodwo Appiah Turkson
Préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral»

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

CÉLÉBRATION DES VÊPRES EN LA SOLENNITÉ DE LA CONVERSION DE SAINT PAUL APÔTRE

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

La rencontre avec Jésus sur la route vers Damas transforme radicalement la vie de Paul. À partir de ce moment, pour lui la signification de l’existence ne réside plus dans la confiance en ses propres forces pour observer scrupuleusement la Loi, mais dans l’adhésion de toute sa personne à l’amour gratuit et immérité de Dieu, à Jésus Christ crucifié et ressuscité. Ainsi, il connaît l’irruption d’une nouvelle vie, la vie selon l’Esprit, dans laquelle, par la puissance du Seigneur ressuscité, il fait l’expérience du pardon, de la familiarité et du réconfort. Et Paul ne peut garder pour lui-même cette nouveauté : il est poussé par la grâce à proclamer la joyeuse nouvelle de l’amour et de la réconciliation que Dieu offre pleinement dans le Christ à l’humanité.

Pour l’Apôtre des nations la réconciliation de l’homme avec Dieu, dont il est devenu ambassadeur (cf. 2 Cor 5, 20), est un don qui vient du Christ. Cela apparaît avec clarté dans le texte de la Deuxième Lettre aux Corinthiens, dont est extrait cette année le thème de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens : ‘‘L’amour du Christ nous pousse à la réconciliation’’ (cf. 2 Co 5, 14-20). ‘‘L’amour du Christ’’ : il ne s’agit pas de notre amour pour le Christ, mais de l’amour que le Christ a pour nous. De même, la réconciliation vers laquelle nous sommes poussés n’est pas simplement notre initiative : c’est en premier lieu la réconciliation que Dieu nous offre dans le Christ. Avant d’être un effort humain de croyants qui cherchent à surmonter leurs divisions, c’est un don gratuit de Dieu. Comme effet de ce don, la personne, pardonnée et aimée, est appelée à son tour à proclamer l’évangile de la réconciliation en paroles et en actes, à vivre et à témoigner d’une existence réconciliée.

Dans cette perspective, nous pouvons nous demander aujourd’hui : comment proclamer cet évangile de réconciliation après des siècles de divisions ? C’est Paul lui-même qui nous aide à trouver la voie. Il souligne que la réconciliation dans le Christ ne peut se réaliser sans sacrifice. Jésus a donné sa vie, en mourant pour tous. De même, les ambassadeurs de la réconciliation sont appelés, en son nom, à donner leur vie, à ne plus vivre pour eux-mêmes, mais pour Celui qui est mort et ressuscité pour eux (cf. 2 Co 5, 14-15). Comme Jésus l’enseigne, ce n’est que lorsque nous perdons la vie par amour pour lui que nous la gagnons vraiment (cf. Lc 9, 24). C’est la révolution que Paul a vécue, mais c’est la révolution chrétienne de toujours : ne plus vivre pour nous-mêmes, pour nos intérêts et retours d’image, mais à l’image du Christ, pour lui et selon lui, avec son amour et dans son amour.

Pour l’Église, pour chaque confession chrétienne, c’est une invitation à ne pas se fonder sur les programmes, sur les calculs et les avantages, à ne pas se fier aux opportunités et aux modes du moment, mais à chercher la vie en regardant toujours la croix du Seigneur : voilà notre programme de vie. C’est également une invitation à sortir de tout isolement, à surmonter la tentation de l’autoréférentialité, qui empêche de saisir ce que l’Esprit Saint réalise hors des milieux de chacun. Une réconciliation authentique parmi les chrétiens pourra se réaliser lorsque nous saurons reconnaître les dons les uns des autres et que nous serons capables, avec humilité et docilité, d’apprendre les uns des autres - apprendre les uns des autres -, sans attendre que ce soient les autres qui apprennent d’abord de nous.

Si nous vivons cette mort à nous-mêmes pour Jésus, notre vieux style de vie est relégué dans le passé et, comme cela est arrivé à saint Paul, nous entrons dans une nouvelle forme d’existence et de communion. Avec Paul, nous pourrons dire : « Le monde ancien s’en est allé » (2 Co 5, 17). Jeter un regard en arrière aide et est d’autant plus nécessaire pour purifier la mémoire, mais être rivé au passé, en s’attardant à rappeler les torts subis et faits et en jugeant avec des paramètres uniquement humains, peut paralyser et empêcher de vivre le présent. La Parole de Dieu nous encourage à tirer force de la mémoire, à nous rappeler le bien reçu du Seigneur ; mais elle nous demande aussi de laisser derrière nous le passé pour suivre Jésus dans l’aujourd’hui et pour vivre une vie nouvelle en lui. Permettons à Celui qui fait toute chose nouvelle (cf. Ap 21, 5) de nous orienter vers un avenir nouveau, ouvert à l’espérance que ne déçoit pas, un avenir dans lequel les divisions pourront être surmontées et les croyants, renouvelés dans l’amour, seront unis pleinement et de manière visible.

Tandis que nous cheminons sur la voie de l’unité, cette année, nous nous souvenons spécialement du cinquième centenaire de la Réforme protestante. Le fait qu’aujourd’hui catholiques et luthériens puissent se rappeler ensemble un événement qui a divisé les chrétiens, et qu’ils le fassent avec espérance, en mettant l’accent sur Jésus et sur son œuvre de réconciliation, est une étape remarquable, atteinte grâce à Dieu et à la prière, à travers cinquante ans de connaissance réciproque et de dialogue œcuménique.

En invoquant de Dieu le don de la réconciliation avec lui et entre nous, j’adresse mes salutations cordiales et fraternelles à Son Éminence le Métropolite Gennadios, représentant du Patriarche œcuménique, à Sa Grâce David Moxon, représentant personnel à Rome de l’Archevêque de Canterbury, et à tous les représentants des diverses Églises et Communautés ecclésiales ici réunis. Il m’est particulièrement agréable de saluer les membres de la Commission mixte pour le dialogue théologique entre l’Église catholique et les Églises orthodoxes orientales, auxquels je souhaite un fructueux travail pour la session plénière qui se tient ces jours-ci. Je salue également les étudiants de l’Ecumenical Institute of Bossey – si joyeux, je les ai vus ce matin -, en visite à Rome pour approfondir leur connaissance de l’Église catholique, ainsi que les jeunes orthodoxes et les orthodoxes orientaux qui étudient à Rome grâce aux bourses d’étude du Comité de Collaboration Culturelle avec les Églises orthodoxes, qui œuvre auprès du Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens. J’exprime mon estime et ma gratitude aux Supérieurs et à tous les Collaborateurs de ce Dicastère.

Chers frères et sœurs, notre prière pour l’unité des chrétiens est une participation à la prière que Jésus a adressée à son Père avant la passion pour « que tous soient un » (Jn 17, 21). Ne nous lassons jamais de demander à Dieu ce don. Dans l’attente patiente et confiante que le Père accordera à tous les croyants le bien de la pleine communion visible, allons de l’avant sur notre chemin de réconciliation et de dialogue, encouragés par le témoignage héroïque de nombreux frères et sœurs, unis hier et aujourd’hui dans la souffrance pour le nom de Jésus. Profitons de chaque moment que la Providence nous offre pour prier ensemble, pour évangéliser ensemble, pour aimer et servir ensemble, surtout qui est plus pauvre et plus délaissé.

Basilique de Saint-Paul-hors-les-Murs
Mercredi, 25 janvier 2017

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS POUR LA 51ÈME JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES

« Ne crains pas, car je suis avec toi » (Is 43,5).
Communiquer l'espérance et la confiance en notre temps

L'accès aux médias, grâce au développement technologique, est tel que beaucoup de gens ont la possibilité de partager instantanément l'information et de la diffuser de manière capillaire. Ces informations peuvent être bonnes ou mauvaises, vraies ou fausses. Par le passé, nos pères dans la foi parlaient de l'esprit humain comme de la meule d’un moulin qui, actionnée par l'eau, ne peut pas être arrêtée. Celui qui est responsable du moulin a cependant la possibilité de décider de moudre du grain ou de l’ivraie. L'esprit de l'homme est toujours en action et ne peut cesser de "moudre" ce qu'il reçoit, mais c’est à nous de décider de quel matériel l’approvisionner (cf. Cassien le Romain, Lettre à Léonce Higoumène).
Je voudrais que ce message puisse atteindre et encourager tous ceux qui, dans leur milieu professionnel ou dans leurs relations personnelles, "moulent" chaque jour beaucoup d’informations pour offrir un pain frais et bon à ceux qui se nourrissent des fruits de leur communication. Je voudrais exhorter chacun à une communication constructive qui, en rejetant les préjugés envers l'autre, favorise une culture de la rencontre grâce à laquelle il est possible d’apprendre à regarder la réalité en toute confiance.
Je pense qu’il faut briser le cercle vicieux de l'anxiété et endiguer la spirale de la peur, fruit de l'habitude de concentrer l'attention sur les "mauvaises nouvelles" (les guerres, le terrorisme, les scandales et toutes sortes d'échec dans les affaires humaines). Il ne s’agit pas évidemment de promouvoir une désinformation où le drame de la souffrance serait ignoré, ni de tomber dans un optimisme naïf qui ne se laisse pas atteindre par le scandale du mal. Je voudrais, au contraire, que tous nous cherchions à dépasser ce sentiment de mécontentement et de résignation qui nous saisit souvent, nous plongeant dans l'apathie, et provoquant la peur ou l'impression qu’on ne peut opposer de limites au mal. D’ailleurs, dans un système de communication où domine la logique qu’une bonne nouvelle n’a pas de prise et donc ne constitue pas une nouvelle, et où le drame de la souffrance et le mystère du mal sont facilement donnés en spectacle, il peut être tentant d'anesthésier la conscience ou de tomber dans le désespoir.
Je voudrais donc apporter une contribution à la recherche d'un style ouvert et créatif de communication qui ne soit jamais disposé à accorder au mal un premier rôle, mais qui cherche à mettre en lumière les solutions possibles, inspirant une approche active et responsable aux personnes auxquelles l’information est communiquée. Je voudrais inviter à offrir aux hommes et aux femmes de notre temps des récits marqués par la logique de la "bonne nouvelle".

La bonne nouvelle

La vie de l'homme n’est pas seulement une chronique aseptisée d’événements, mais elle est une histoire, une histoire en attente d'être racontée à travers le choix d'une clé de lecture qui permet de sélectionner et de recueillir les données les plus importantes. La réalité, en soi, n'a pas une signification univoque. Tout dépend du regard avec lequel elle est saisie, des "lunettes" à travers lesquelles on choisit de la regarder: en changeant les verres, la réalité aussi apparaît différente. D’où pouvons-nous donc partir pour lire la réalité avec de bonnes "lunettes"?
Pour nous chrétiens, les lunettes appropriées pour déchiffrer la réalité, ne peuvent être que celles de la bonne nouvelle, de la Bonne Nouvelle par excellence: «l'Evangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu» (Mc 1,1). Avec ces mots, l'Evangéliste Marc commence son récit par l'annonce de la "bonne nouvelle" qui concerne Jésus, mais plus qu’une information sur Jésus, c’est plutôt la bonne nouvelle qui est Jésus lui-même. En lisant les pages de l'Évangile, on découvre en effet, que le titre de l'œuvre correspond à son contenu et, surtout, que ce contenu est la personne même de Jésus.
Cette bonne nouvelle qui est Jésus lui-même, n’est pas bonne car dénuée de souffrance, mais parce que la souffrance aussi est vécue dans un cadre plus large, comme une partie intégrante de son amour pour le Père et pour l'humanité. En Christ, Dieu s’est rendu solidaire avec toutes les situations humaines, nous révélant que nous ne sommes pas seuls parce que nous avons un Père qui ne peut jamais oublier ses enfants. «Ne crains pas, car je suis avec toi» (Is 43,5) sont les paroles consolatrices d'un Dieu qui depuis toujours s’est impliqué dans l'histoire de son peuple. En son Fils bien-aimé, cette promesse de Dieu – « Je suis avec toi » – arrive à assumer toute notre faiblesse, jusqu'à mourir de notre mort. En Lui aussi les ténèbres et la mort deviennent des lieux de communion avec la Lumière et la Vie. Ainsi, une espérance voit le jour, accessible à tous, à l'endroit même où la vie connaît l'amertume de l'échec. C’est une espérance qui ne déçoit pas, parce que l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs (cf. Rm 5,5) et fait germer la vie nouvelle comme la plante germe du grain jeté en terre. Dans cette lumière tout nouveau drame qui arrive dans l'histoire du monde devient aussi le scénario d’une possible bonne nouvelle, car l'amour parvient toujours à trouver le chemin de la proximité et à susciter des cœurs capables de s’émouvoir, des visages capables de ne pas se décourager, des mains prêtes à construire.

La confiance dans la semence du Royaume

Pour introduire ses disciples et les foules à cet état d'esprit évangélique et leur donner les bonnes "lunettes" pour approcher la logique de l'amour qui meurt et ressuscite, Jésus utilisait les paraboles, dans lesquelles le Royaume de Dieu est souvent comparé à la semence, qui libère sa puissance vitale justement quand elle meurt dans le sol (cf. Mc 4,1 à 34). L’utilisation d’images et de métaphores pour communiquer l'humble puissance du Royaume n’est pas une façon d’en réduire l'importance et l'urgence, mais la forme miséricordieuse qui laisse à l'auditeur l’"espace" de liberté pour l'accueillir et la rapporter aussi à lui-même. En outre, elle est le chemin privilégié pour exprimer l'immense dignité du Mystère Pascal, laissant les images – plus que les concepts – communiquer la beauté paradoxale de la vie nouvelle dans le Christ, où les hostilités et la croix n’empêchent pas, mais réalisent le salut de Dieu, où la faiblesse est plus forte que toute puissance humaine, où l’échec peut être le prélude à l’accomplissement le plus grand de toutes choses dans l'amour. Et c’est justement ainsi, en réalité, que mûrit et s’approfondit l'espérance du Royaume de Dieu: « Comme d’un homme qui aurait jeté du grain en terre : qu’il dorme et qu’il se lève, nuit et jour, la semence germe et pousse » (Mc 4,26-27)
Le Royaume de Dieu est déjà parmi nous, comme une graine cachée à un regard superficiel et dont la croissance se fait en silence. Celui qui a des yeux rendus clairs par l’Esprit Saint peut le voir germer et ne se laisse pas voler la joie du Royaume par les mauvaises herbes toujours présentes.

Les horizons de l'Esprit

L'espérance fondée sur la bonne nouvelle qui est Jésus nous fait lever les yeux et nous pousse à le contempler dans le cadre liturgique de la Fête de l'Ascension. Bien qu'il semble que le Seigneur s’éloigne de nous, en fait, les horizons de l’espérance s’élargissent. Effectivement, chaque homme et chaque femme, dans le Christ, qui élève notre humanité jusqu’au Ciel, peut librement «entrer dans le sanctuaire grâce au sang de Jésus, chemin nouveau et vivant qu’il a inauguré pour nous en franchissant le rideau du Sanctuaire, c'est-à-dire sa chair » (He 10, 19-20). A travers « la force de l'Esprit Saint » nous pouvons être «témoins» et communicateurs d'une humanité nouvelle, rachetée, « jusqu'aux extrémités de la terre» (cf. Ac 1,7-8).
La confiance dans la semence du Royaume de Dieu et dans la logique de Pâques ne peut que façonner aussi la manière dont nous communiquons. Cette confiance nous permet d'agir – dans les nombreuses formes de communication d’aujourd'hui – avec la conviction qu’il est possible d’apercevoir et d’éclairer la bonne nouvelle présente dans la réalité de chaque histoire et dans le visage de toute personne.
Celui qui, avec foi, se laisse guider par l’Esprit Saint devient capable de discerner en tout évènement ce qui se passe entre Dieu et l’humanité, reconnaissant comment Lui-même, dans le scénario dramatique de ce monde, est en train de tisser la trame d'une histoire de salut. Le fil avec lequel est tissée cette histoire sacrée est l'espérance, et son tisserand est nul autre que l'Esprit Consolateur. L'espérance est la plus humble des vertus, car elle reste cachée dans les plis de la vie, mais elle est comme le levain qui fait lever toute la pâte. Nous la cultivons en lisant encore et encore la Bonne Nouvelle, l'Evangile qui a été "réédité" en de nombreuses éditions dans la vie des saints, des hommes et des femmes qui sont devenus des icônes de l'amour de Dieu. Aujourd'hui encore c’est l'Esprit qui sème en nous le désir du Royaume, à travers de nombreux "canaux" vivants, par le biais de personnes qui se laissent conduire par la Bonne Nouvelle au milieu du drame de l'histoire et qui sont comme des phares dans l'obscurité de ce monde, qui éclairent la route et ouvrent de nouveaux chemins de confiance et d'espérance.

Du Vatican, le 24 janvier 2017

François

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

ANGÉLUS, 15 JANVIER 2017

PAPE FRANÇOIS, ANGÉLUS

Chers frères et sœurs, bonjour!

Au centre de l’Évangile d’aujourd’hui (Jn 1, 29-34) il y a cette parole de Jean Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde! » (v. 29). Une parole accompagnée par le regard et par le geste de la main qui l’indiquent Lui, Jésus.

Imaginons la scène. Nous sommes sur la rive du fleuve Jourdain. Jean est en train de baptiser ; il y a beaucoup de monde, des hommes et des femmes d’âges divers, venus là, au fleuve, pour recevoir le baptême des mains de cet homme qui, pour beaucoup, rappelait Elie, le grand prophète qui, neuf siècles auparavant, avait purifié les Israélites de l’idolâtrie et les avait reconduits à la vraie foi dans le Dieu de l’alliance, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Jean prédit que le royaume des cieux est proche, que le Messie va se manifester et qu’il faut se préparer, se convertir et se comporter avec justice ; et il se met à baptiser dans le Jourdain pour donner au peuple un moyen concret de pénitence (cf. Mt 3, 1-6). Les gens venaient pour se repentir de leurs péchés, pour faire pénitence, pour recommencer leur vie. Lui il sait, Jean sait que le Messie, le Consacré du Seigneur est désormais proche, et le signe pour le reconnaître sera que l’Esprit Saint se posera sur Lui ; en effet, Il apportera le vrai baptême, le baptême dans l’Esprit Saint (cf. Jn 1, 33).

Et voici que le moment arrive : Jésus se présente sur la rive du fleuve, au milieu du peuple, des pécheurs — comme nous tous. C’est son premier acte public, la première chose qu’il fait quand il quitte la maison de Nazareth, à trente ans : il descend en Judée, il va au Jourdain et se fait baptiser par Jean. Nous savons ce qui arrive — nous l’avons célébré dimanche dernier — : l’Esprit Saint descend sur Jésus comme sous la forme d’une colombe et la voix du Père le proclame Fils bien-aimé (cf. Mt 3, 16-17). C’est le signe que Jean attendait. C’est Lui! Jésus est le Messie. Jean est déconcerté, parce qu’il s’est manifesté d’une façon impensable : au milieu des pécheurs, baptisé comme eux, ou plutôt, pour eux. Mais l’Esprit illumine Jean et lui fait comprendre qu’ainsi s’accomplit la justice de Dieu, s’accomplit son dessein de salut : Jésus est le Messie, le Roi d’Israël, non pas avec la puissance de ce monde, mais plutôt comme Agneau de Dieu, qui prend sur lui et enlève le péché du monde.

Ainsi, Jean l’indique aux gens et à ses disciples. Parce que Jean avait un cercle important de disciples, qui l’avaient choisi comme guide spirituel, et certains parmi eux devinrent les premiers disciples de Jésus. Nous connaissons bien leurs noms : Simon, appelé ensuite Pierre, son frère André, Jacques et son frère Jean. Tous pêcheurs ; tous Galiléens, comme Jésus.

Chers frères et sœurs, pourquoi nous sommes-nous arrêtés longuement sur cette scène? Parce qu’elle est décisive! Ce n’est pas une anecdote. C’est un fait historique décisif! Cette scène est décisive pour notre foi ; et elle est décisive aussi pour la mission de l’Église. L’Église, en tout temps, est appelée à faire ce que fit Jean Baptiste, indiquer Jésus aux gens en disant : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde! ». Il est l’unique Sauveur! Il est le Seigneur, humble, parmi les pécheurs, mais c’est Lui, Lui : ce n’est pas un autre, puissant, qui vient ; non, non, c’est Lui!

Ce sont les paroles que nous, prêtres, répétons chaque jour, lors de la Messe, quand nous présentons au peuple le pain et le vin devenus le Corps et le Sang du Christ. Ce geste liturgique représente toute la mission de l’Église, qui ne s’annonce pas elle- même. Malheur, malheur à l’Église qui s’annonce elle-même ; elle perd la boussole, elle ne sait pas où elle va! L’Église annonce le Christ ; elle ne s’apporte pas elle-même, elle apporte le Christ. Car Lui et Lui seul sauve son peuple du péché, le libère et le conduit à la terre de la vraie liberté.

Que la Vierge Marie, Mère de l’Agneau de Dieu, nous aide à croire en Lui et à le suivre.

Place Saint-Pierre
Dimanche, 15 janvier 2017

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

OPPOSITION À L’ANNEXION DE FACTO AU TRAVERS DES COLONIES ILLÉGALES DE LA PART DES EVÊQUES DE LA COORDINATION TERRE SAINTE

Bethléem – L'occupation militaire ayant pesé pendant 50 ans sur la Cisjordanie, Jérusalem-est et la bande de Gaza a violé « la dignité humaine tant des palestiniens que des israéliens ». Maintenant, toutes les personnes responsables sont appelées à s’opposer à la construction de colonies israéliennes sur des terres palestiniennes, qui représente une « annexion de facto » et « met en danger les possibilités de paix ». Tels sont quelques-uns des passages clefs du message conclusif diffusé par les Evêques provenant d’Europe, des Etats-Unis, du Canada et d’Afrique du Sud, membres de la Coordination Terre Sainte, au terme de leur traditionnelle visite de solidarité aux communautés chrétiennes de Terre Sainte qui a eu lieu cette année à Gaza, Jaffa, Jérusalem, Hébron et Bethléem du 14 au 19 janvier.
Dans le communiqué final signé par les 12 Evêques ayant effectué le pèlerinage de cette année, il est également fait référence aux souffrances de Gaza, « qui continue à vivre au milieu d’une catastrophe humanitaire générée par l’homme lui-même, la population y ayant passé une décennie entière en état de siège, situation aggravée par l’impasse politique provoquée par un manque de bonne volonté de l’ensemble des parties en cause ». Les Evêques signataires du document indiquent la route de la « résistance non violente » comme méthode pour faire face à « des injustices telles que l’incessante construction du mur de séparation en terre palestinienne, y compris la vallée de Cremisan ».

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

CARDINAL ERDö: «LA SÉCULARISATION EST PORTEUSE D'INSÉCURITÉ»

«La négation de Dieu ne permettra pas d’éviter les tensions, bien au contraire, la sécularisation affaiblit la vie sociale et est porteuse d’insécurité». Cette affirmation est celle du cardinal Peter Erdö, archevêque de Esztergo-Budapest, à l’ouverture du 5e Forum européen entre orthodoxes et catholiques, à Paris.
Le forum s’est choisi pour thème «L’Europe dans la crainte de la menace du terrorisme fondamentaliste et la valeur de la personne et de la liberté religieuse».

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

HOMÉLIE DU PAPE FRANçOIS POUR LA SOLENNITÉ DE L'EPIPHANIE

« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui » (Mt 2, 2).
Avec ces paroles, les mages, venus de terres lointaines, nous font connaître le motif de leur longue traversée: adorer le roi nouveau-né. Voir et adorer : deux actions mises en relief dans le récit évangélique : nous avons vu une étoile et nous voulons adorer.
Ces hommes ont vu une étoile qui les a mis en mouvement. La découverte de quelque chose d’inhabituel qui est arrivé dans le ciel a déclenché une série incalculable d’évènements. Ce n’était pas une étoile qui a brillé de façon exclusive pour eux et ils n’avaient pas non plus un ADN spécial pour la découvrir. Comme un Père de l’Église l’a bien reconnu, les mages ne se sont pas mis en route parce qu’ils avaient vu l’étoile mais ils ont vu l’étoile parce qu’ils se sont mis en route (cf. Jean Chrysostome). Ils avaient le cœur ouvert sur l’horizon et ils ont pu voir ce que le ciel montrait parce qu’il y avait en eux un désir qui les poussait: ils étaient ouverts à une nouveauté.
Les mages, de cette manière, expriment le portrait de l’homme croyant, de l’homme qui a la nostalgie de Dieu ; de celui qui sent le manque de sa maison, la patrie céleste. Ils reflètent l’image de tous les hommes qui, dans leur vie, ne se sont pas laissé anesthésier le cœur.
La sainte nostalgie de Dieu jaillit dans le cœur croyant parce qu’il sait que l’Évangile n’est pas un évènement du passé mais du présent. La sainte nostalgie de Dieu nous permet de tenir les yeux ouverts devant toutes les tentatives de réduire et d’appauvrir la vie. La sainte nostalgie de Dieu est la mémoire croyante qui se rebelle devant tant de prophètes de malheur. Cette nostalgie est celle qui maintient vivante l’espérance de la communauté croyante qui, de semaine en semaine, implore en disant : « Viens, Seigneur Jésus! ».
Ce fut vraiment cette nostalgie qui a poussé le vieillard Siméon à aller tous les jours au temple, sachant avec certitude que sa vie ne se terminerait pas sans pouvoir tenir dans ses bras le Sauveur. Ce fut cette nostalgie qui a poussé le fils prodigue à sortir d’une attitude destructive et à chercher les bras de son père. Ce fut cette nostalgie que le berger a senti dans son cœur quand il a laissé les 99 brebis pour chercher celle qui s’était perdue, et ce fut aussi ce qu’a expérimenté Marie-Madeleine le matin du dimanche pour aller courir au tombeau et rencontrer son Maitre ressuscité. La nostalgie de Dieu nous tire hors de nos résignations, celles qui nous amènent à penser que rien ne peut changer. La nostalgie de Dieu est l’attitude qui rompt nos conformismes ennuyeux et nous pousse à nous engager pour ce changement auquel nous aspirons et dont nous avons besoin. La nostalgie de Dieu a ses racines dans le passé mais ne s’arrête pas là: elle va à la recherche de l’avenir. Le croyant “nostalgique”, poussé par sa foi, va à la recherche de Dieu, comme les mages, dans les lieux les plus cachés de l’histoire, parce qu’il sait dans son cœur que son Seigneur l’attend là. Il va à la périphérie, à la frontière, dans les lieux non évangélisés, afin de pouvoir rencontrer son Seigneur ; et il ne le fait pas du tout avec une attitude de supériorité, il le fait comme un mendiant qui ne peut ignorer les yeux de celui pour lequel la Bonne Nouvelle est encore un terrain à explorer.
Comme attitude opposée, dans le palais d’Hérode (qui se trouvait à très peu de kilomètres de Bethléem), on ne s’était pas rendu compte de ce qui arrivait. Tandis que les mages marchaient, Jérusalem dormait. Elle dormait de connivence avec un Hérode qui, au lieu d’être en recherche, dormait bien. Il dormait sous l’anesthésie d’une conscience cautérisée. Et il est resté déconcerté. Il a eu peur. C’est le trouble de celui qui, devant la nouveauté qui révolutionne l’histoire, se ferme sur lui-même, sur ses résultats, sur ses connaissances, sur ses succès. Le trouble de celui qui se tient assis sur sa richesse sans réussir à voir au-delà. Un trouble qui naît dans le cœur de celui qui veut contrôler tout et tout le monde. C’est le trouble de celui qui est immergé dans la culture du vaincre à tout prix ; dans cette culture où il y a de la place seulement pour les “vainqueurs” et coûte que coûte. Un trouble qui naît de la peur et de la crainte devant ce qui nous interroge et met en danger nos sécurités et nos vérités, nos manières de nous attacher au monde et à la vie. Et Hérode a eu peur, et cette peur l’a conduit à chercher la sécurité dans le crime : « Necas parvulos corpore, quia te nacat timor in corde » - “Tu assassines ces faibles corps parce que la peur assassine ton cœur” (Saint Quodvultdeus, Sermon 2 sur le Symbole : PL 40, 655).
Nous voulons adorer. Ces hommes sont venus de l’Orient pour adorer, et ils sont venus le faire dans le lieu qui convient à un roi : le Palais. Ils sont arrivés là par leur recherche, c’était le lieu approprié, puisque cela revient à un Roi de naître dans un palais et d’avoir sa cour et ses sujets. C’est le signe du pouvoir, du succès, d’une vie réussie. Et on peut s’attendre à ce que le roi soit vénéré, craint et adulé, oui, mais pas nécessairement aimé. Ce sont les règles mondaines, les petites idoles et à qui nous rendons un culte : le culte du pouvoir, de l’apparence et de la supériorité. Des idoles qui promettent seulement tristesse et esclavage.
Et c’est vraiment là qu’a commencé le chemin le plus long qu’ont dû faire ces hommes venus de loin. Là, a commencé l’audace la plus difficile et la plus compliquée. Découvrir que ce qu’ils cherchaient n’était pas dans le Palais mais se trouvait dans un autre lieu, non seulement géographique mais existentiel. Là, ils ne voyaient pas l’étoile qui les conduisait à découvrir un Dieu qui veut être aimé, et cela est possible uniquement sous le signe de la liberté et non de la tyrannie ; découvrir que le regard de ce Roi inconnu – mais désiré – n’humilie pas, ne rend pas esclave, n’emprisonne pas. Découvrir que le regard de Dieu relève, pardonne, guérit. Découvrir que Dieu a voulu naître là où nous ne l’attendions pas, là où peut-être nous ne le voulions pas. Ou là où tant de fois, nous le renions. Découvrir que dans le regard de Dieu, il y a de la place pour ceux qui sont blessés, fatigués, maltraités et abandonnés : que sa force et son pouvoir s’appellent miséricorde. Comme est loin, pour certains, Jérusalem de Bethléem !
Hérode ne peut pas adorer parce qu’il n’a pas voulu changer son regard. Il n’a pas voulu cesser de rendre un culte à lui-même, croyant que tout commençait et finissait avec lui. Il n’a pas pu adorer parce que son but était qu’ils l’adorent lui. Les prêtres non plus n’ont pu adorer parce qu’ils savaient beaucoup de choses, ils connaissaient les prophéties, mais ils n’étaient disposés ni à se mettre en chemin ni à changer.
Les mages ont senti la nostalgie, ils ne voulaient plus les choses habituelles. Ils étaient habitués, accoutumés aux Hérode de leur temps et en étaient fatigués. Mais là, à Bethléem, il y avait une promesse de nouveauté, une promesse de gratuité. Là quelque chose de nouveau arrivait ; les mages ont pu adorer parce qu’ils ont eu le courage de marcher et, se prosternant devant le petit, se prosternant devant le pauvre, se prosternant devant celui qui est sans défense, se prosternant devant l’Enfant de Bethléem insolite et inconnu, ils ont découvert la Gloire de Dieu.

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

SOLENNITÉ DE LA TRÈS SAINTE MÈRE DE DIEU - HOMÉLIE DU PAPE FRANçOIS

«Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur» (Lc 2,19). C’est ainsi que Luc décrit l’attitude avec laquelle Marie accueille tout qu’ils vivaient en ces jours. Loin de vouloir comprendre ou dominer la situation, Marie est la femme qui sait conserver, c’est-à-dire protéger, garder dans son cœur le passage de Dieu dans la vie de son Peuple. De son sein, elle a appris à écouter le battement du cœur de son Fils, et cela lui a appris, pour toute sa vie, à découvrir la palpitation de Dieu dans l’histoire. Elle a appris à être mère et, dans cet apprentissage, elle a donné à Jésus la belle expérience de se savoir Fils. En Marie, non seulement le Verbe éternel s’est fait chair, mais il a appris à reconnaître la tendresse maternelle de Dieu. Avec Marie, l’Enfant-Dieu a appris à écouter les aspirations, les angoisses, les joies et les espérances du peuple de la promesse. Avec elle il s’est découvert lui-même Fils du saint Peuple fidèle de Dieu.

Marie apparaît dans les Évangiles comme une femme qui parle peu, qui ne fait pas de grands discours ni ne se met en avant, mais qui, avec un regard attentif, sait garder la vie et la mission de son Fils, et donc de tout ce qu’il aime. Elle a su garder les aurores de la première communauté chrétienne, et elle a ainsi appris à être mère d’une multitude. Elle s’est approchée des situations les plus diverses pour semer l’espérance. Elle a accompagné les croix portées dans le silence du cœur de ses enfants. Beaucoup de dévotions, beaucoup de sanctuaires et de chapelles dans les lieux les plus reculés, beaucoup d’images répandues dans les maisons nous rappellent cette grande vérité. Marie nous a donné la chaleur maternelle, celle qui nous enveloppe dans les difficultés; la chaleur maternelle qui permet que rien ni personne n’éteigne au sein de l’Église la révolution de la tendresse inaugurée par son Fils. Là où se trouve une mère, se trouve la tendresse. Et Marie nous montre avec sa maternité que l’humilité et la tendresse ne sont pas les vertus des faibles mais des forts, elle nous enseigne qu’il n’y a pas besoin de maltraiter les autres pour se sentir important (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 288). Et, depuis toujours, le saint Peuple fidèle de Dieu l’a reconnue et saluée comme la Sainte Mère de Dieu.

Célébrer la maternité de Marie comme Mère de Dieu et notre mère au début d’une année nouvelle signifie rappeler une certitude qui accompagnera nos journées: nous sommes un peuple qui a une Mère, nous ne sommes pas des orphelins.

Les mères sont l’antidote le plus fort contre nos tendances individualistes et égoïstes, contre nos fermetures et nos apathies. Une société sans mères serait non seulement une société froide, mais aussi une société qui a perdu le cœur, qui a perdu la «saveur de famille». Une société sans mères serait une société sans pitié, qui a laissé la place seulement au calcul et à la spéculation. Parce que les mères, même aux pires moments, savent donner le témoignage de la tendresse, du don de soi sans condition, de la force de l’espérance. J’ai beaucoup appris de ces mères qui, ayant les enfants en prison ou prostrés sur un lit d’hôpital, ou soumis à l’esclavage de la drogue, qu’il fasse froid ou chaud, qu’il pleuve ou dans la sécheresse, ne se rendent pas et continuent à lutter pour leur donner le meilleur. Oh ces mères qui, dans les camps de réfugiés, ou même en pleine guerre, réussissent à embrasser et à soutenir sans faiblir la souffrance de leurs enfants. Mères qui donnent littéralement leur vie pour qu’aucun de leurs enfants ne se perde. Là où se trouve la mère, se trouvent unité, appartenance, appartenance de fils.

Commencer l’année en faisant mémoire de la bonté de Dieu sur le visage maternel de Marie, sur le visage maternel de l’Église, sur le visage de nos mères, nous protège de la maladie corrosive qui consiste à être «orphelin spirituel», cette réalité que vit l’âme quand elle se sent sans mère et que la tendresse de Dieu lui manque. Cette condition d’orphelin que nous vivons quand s’éteint en nous le sens de l’appartenance à une famille, à un peuple, à une terre, à notre Dieu. Cette condition d’orphelin, qui trouve de la place dans le cœur narcissique qui ne sait regarder que lui-même et ses propres intérêts, et qui grandit quand nous oublions que la vie a été un don - dont nous sommes débiteur des autres -, vie que nous sommes invités à partager dans cette maison commune.

Cette condition d’orphelin autoréférentielle est ce qui porta Caïn à dire: «Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ?» (Gn 4,9), comme à déclarer: il ne m’appartient pas, je ne le reconnais pas. Une telle attitude d’orphelin spirituel est un cancer qui use et dégrade l’âme silencieusement. Et ainsi, nous nous dégradons peu à peu, à partir du moment où personne ne nous appartient et que nous n’appartenons à personne: je dégrade la terre, parce qu’elle ne m’appartient pas, je dégrade les autres parce qu’ils ne m’appartiennent pas, je dégrade Dieu parce que je ne lui appartiens pas, et finalement nous nous dégradons nous-mêmes parce que nous oublions qui nous sommes, quel «nom» divin nous portons. La perte des liens qui nous unissent, typique de notre culture fragmentée et divisée, fait que ce sens d’être orphelin grandit, et même le sens de grand vide et de solitude. Le manque de contact physique (et non virtuel) cautérise peu à peu nos cœurs (cf. Let. enc. Laudato si’, n. 49) leur faisant perdre la capacité de la tendresse et de l’étonnement, de la pitié et de la compassion. Être orphelin spirituel nous fait perdre la mémoire de ce que signifie être fils, être petits-fils, être parents, être grands-parents, être amis, être croyants; nous fait perdre la mémoire de la valeur du jeu, du chant, du rire, du repos, de la gratuité.

Célébrer la fête de la Sainte Mère de Dieu nous fait surgir de nouveau sur le visage le sourire de se sentir être un peuple, de sentir que nous nous appartenons; de savoir que seulement dans une communauté, une famille, les personnes peuvent trouver le «climat», la «chaleur» qui permettent d’apprendre à grandir humainement et non pas comme de simples objets invités «à consommer et à être consommés». Célébrer la fête de la Sainte Mère de Dieu nous rappelle que nous ne sommes pas des marchandises d’échange ou des terminaux récepteurs d’informations. Nous sommes des fils, nous sommes une famille, nous sommes Peuple de Dieu.

Célébrer la Sainte Mère de Dieu nous pousse à créer et à préserver des espaces communs qui nous donnent un sens d’appartenance, d’enracinement, de nous sentir à la maison dans nos villes, dans des communautés qui nous unissent et nous soutiennent (cf. ibid., n. 151).

Jésus Christ, au moment du don le plus grand de sa vie, sur la croix, n’a rien voulu garder pour lui, et en remettant sa vie il nous a remis aussi sa Mère. Il dit à Marie: voici ton fils, voici tes fils. Et nous voulons l’accueillir dans nos maisons, dans nos familles, dans nos communautés, dans nos villages. Nous voulons croiser son regard maternel. Ce regard qui nous empêche d’être orphelins; ce regard qui nous rappelle que nous sommes frères: que je t’appartiens, que tu m’appartiens, que nous sommes de la même chair. Ce regard qui nous enseigne que nous devons apprendre à prendre soin de la vie de la même manière et avec la même tendresse que lui en a pris soin: en semant l’espérance, en semant l’appartenance, en semant la fraternité.

Célébrer la Sainte Mère de Dieu nous rappelle que nous avons la Mère; nous ne sommes pas orphelins, nous avons une mère. Professons ensemble cette vérité ! Et je vous invite à l’acclamer trois fois, comme le firent les fidèles d’Ephèse: Sainte Mère de Dieu, Sainte Mère de Dieu; Sainte Mère de Dieu.

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

BÉNÉDICTION URBI ET ORBI DU PAPE FRANçOIS POUR NOËL

Chers frères et sœurs, joyeux Noël!
Aujourd’hui, l’Eglise revit l’étonnement de la Vierge Marie, de saint Joseph et des bergers de Bethléem contemplant l’Enfant qui est né et qui est couché dans une mangeoire: Jésus, le Sauveur.
En ce jour plein de lumière, résonne l’annonce prophétique:
«Un enfant nous est né,
un fils nous a été donné!
Sur son épaule est le signe du pouvoir;
son nom est proclamé:
«Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort,
Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix» (Is 9, 5).
Le pouvoir de cet Enfant, Fils de Dieu et de Marie, n’est pas le pouvoir de ce monde, basé sur la force et sur la richesse; c’est le pouvoir de l’amour. C’est le pouvoir qui a créé le ciel et la terre, qui donne vie à toute créature: aux minéraux, aux plantes, aux animaux; c’est la force qui attire l’homme et la femme et fait d’eux une seule chair, une seule existence; c’est le pouvoir qui régénère la vie, qui pardonne les fautes, réconcilie les ennemis, transforme le mal en bien. C’est le pouvoir de Dieu. Ce pouvoir de l’amour a porté Jésus Christ à se dépouiller de sa gloire et à se faire homme; et il le conduira à donner sa vie sur la croix et à ressusciter des morts. C’est le pouvoir du service, qui instaure dans le monde le règne de Dieu, règne de justice et de paix.
Pour cela la naissance de Jésus est accompagnée du chant des anges qui annoncent: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime» (Lc 2, 14).
Aujourd’hui cette annonce parcourt toute la terre et veut rejoindre tous les peuples, spécialement ceux qui sont blessés par la guerre et par d’âpres conflits et qui éprouvent plus vivement le désir de la paix.
Paix aux hommes et aux femmes dans la Syrie martyrisée, où trop de sang a été versé. Surtout dans la ville d’Alep, théâtre ces dernières semaines d’une des batailles les plus atroces, il est plus que jamais urgent qu’assistance et réconfort soient garantis à la population civile à bout de forces, en respectant le droit humanitaire. Il est temps que les armes se taisent définitivement et que la communauté internationale s’emploie activement pour qu’on arrive à une solution négociée et que se rétablisse le vivre ensemble civil dans le pays.
Paix aux femmes et aux hommes de la bien-aimée Terre Sainte, choisie et préférée par Dieu. Qu’Israéliens et Palestiniens aient le courage et la détermination d’écrire une nouvelle page de l’histoire, où haine et vengeance cèdent la place à la volonté de construire ensemble un avenir de compréhension réciproque et d’harmonie. Que puissent retrouver l’unité et la concorde l’Irak, la Libye et le Yémen, où les populations pâtissent de la guerre et d’atroces actions terroristes.
Paix aux hommes et aux femmes des différentes régions de l’Afrique, particulièrement au Nigéria, où le terrorisme fondamentaliste exploite aussi les enfants pour perpétrer horreur et mort. Paix au Sud-Soudan et à la République démocratique du Congo, pour que se guérissent les divisions et que toutes les personnes de bonne volonté mettent tout en œuvre pour entreprendre un chemin de développement et de partage, en préférant la culture du dialogue à la logique de l’affrontement.
Paix aux femmes et aux hommes qui subissent encore les conséquences du conflit en Ukraine orientale, où est urgente une volonté commune d’apporter un soulagement à la population et de donner et mettre en œuvre les engagements pris.
Invoquons la concorde pour le cher peuple colombien, qui aspire à accomplir un nouveau et courageux chemin de dialogue et de réconciliation. Qu’un tel courage anime aussi le bien-aimé Venezuela afin d’entreprendre les pas nécessaires pour mettre fin aux tensions actuelles et construire ensemble un avenir d’espérance pour toute la population.
Paix à tous ceux qui, en différentes régions, affrontent des souffrances en raison de dangers constants et d’injustices tenaces. Puisse le Myanmar consolider ses efforts pour favoriser la cohabitation pacifique et, avec l’aide de la communauté internationale, accorder la protection nécessaire et l’assistance humanitaire à tous ceux qui en ont une grande et urgente nécessité. Puisse la péninsule coréenne voir surmontées les tensions qui la traversent dans un esprit renouvelé de collaboration.
Paix à qui a perdu un être cher à cause d’actes atroces de terrorisme, qui ont semé peur et mort au cœur de tant de pays et de villes. Paix - non en paroles, mais par des actes et des faits concrets – à nos frères et sœurs abandonnés et exclus, à ceux qui souffrent de la faim et à ceux qui sont victimes de violences. Paix aux déplacés, aux migrants et aux réfugiés, à tous ceux qui aujourd’hui sont objet de la traite des personnes. Paix aux peuples qui souffrent à cause des ambitions économiques d’un petit nombre et de l’âpre avidité du dieu argent qui conduit à l’esclavage. Paix à celui qui est touché par les difficultés sociales et économiques et à qui souffre des conséquences des tremblements de terre ou d’autres catastrophes naturelles.
Paix aux enfants, en ce jour spécial où Dieu se fait enfant, surtout à ceux qui sont privés des joies de l’enfance à cause de la faim, des guerres et de l’égoïsme des adultes.
Paix sur la terre à tous les hommes de bonne volonté, qui travaillent chaque jour, avec discrétion et patience, en famille et dans la société pour construire un monde plus humain et plus juste, soutenus par la conviction que c’est seulement avec la paix qu’il y a la possibilité d’un avenir plus prospère pour tous.
Chers frères et sœurs,
«un enfant nous est né, un fils nous a été donné»: c’est le «Prince-de-la-paix». Accueillons-le!
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[après la bénédiction]
A vous, chers frères et sœurs, arrivés de toutes les parties du monde sur cette place, et à tous ceux qui, de différents pays, sont reliés à travers la radio, la télévision et les autres moyens de communication, j’adresse mes vœux les meilleurs.
En ce jour de joie nous sommes tous appelés à contempler l’Enfant-Jésus, qui redonne l’espérance à tout homme sur la face de la terre. Avec sa grâce donnons voix et donnons corps à cette espérance, en témoignant de la solidarité et de la paix. Joyeux Noël à tous!

(Tratto dall'archivio della Radio Vaticana)

LE PAPE DÉNONCE LA FOLIE MEURTRIÈRE DU TERRORISME

Le Pape François a fait part de ses condoléances pour les victimes de l’attentat au camion contre un Marché de Noël à Berlin le lundi 19 décembre. Dans le télégramme, François s’unit aussi « à toutes les personnes de bonne volonté qui se sont engagées pour que la folie meurtrière du terrorisme ne trouve plus de place dans notre monde ». (radiovaticana.va)
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